Costa Rica : Laura Fernández prête serment comme nouvelle présidente et promet une guerre totale contre les cartels

Costa Rica : Laura Fernández prête serment comme nouvelle présidente et promet une guerre totale contre les cartels

San José, 8 mai 2026 – Dans une cérémonie d’investiture à la fois solennelle et hautement sécurisée au Stade national de San José, devant près de 35 000 personnes, Laura Fernández a officiellement prêté serment comme nouvelle présidente du Costa Rica. À 39 ans, la politologue et figure montante de la droite dure costaricienne prend les commandes d’un pays longtemps perçu comme un havre de stabilité en Amérique centrale, mais désormais confronté à une explosion de la violence liée au narcotrafic.

Élue avec une avance confortable lors du scrutin du 1er février, elle succède à Rodrigo Chaves, dont elle était proche politiquement. Son arrivée au pouvoir marque la continuité d’une ligne sécuritaire déjà amorcée, mais assumée désormais avec une intensité nettement plus radicale.

Dès son discours d’investiture, Laura Fernández a donné le ton. Sans ambiguïté, elle a promis une réponse frontale au crime organisé qui gangrène le pays.

« Le Costa Rica ne reculera pas. Nous allons briser les cartels, démanteler leurs réseaux et restaurer l’autorité de l’État », a-t-elle déclaré sous les applaudissements d’une partie du public.

La nouvelle présidente a décrit une situation critique : infiltration progressive des institutions par les réseaux criminels, corruption locale, et hausse inquiétante des homicides liés aux trafics de drogue. Pour elle, le modèle historique de stabilité costaricienne est désormais fragilisé par la pression des cartels sud-américains opérant dans la région.

Parmi les premières annonces de son mandat figure la construction d’une méga-prison de haute sécurité, directement inspirée du modèle du CECOT, symbole de la politique ultra-répressive menée au Salvador par Nayib Bukele.

Cette infrastructure s’inscrit dans une stratégie plus large de durcissement pénal : allongement des peines, restriction des libérations anticipées et renforcement des dispositifs d’enquête dans les affaires de narcotrafic.

Laura Fernández affirme toutefois que ces mesures resteront encadrées par le droit. « L’efficacité ne signifie pas l’abandon des principes démocratiques », a-t-elle insisté, en réponse aux critiques déjà formulées par plusieurs ONG.

Au-delà du discours sécuritaire, l’équilibre institutionnel du nouveau pouvoir intrigue. Rodrigo Chaves conserve un rôle central au sein de l’exécutif en tant que « super-ministre » à la Présidence, une fonction créée pour lui permettre de superviser les grandes orientations gouvernementales.

Cette configuration renforce l’idée d’une direction politique bicéphale, soutenue par une majorité parlementaire solide : le Parti souverain du peuple contrôle 31 sièges sur 57 à l’Assemblée, facilitant l’adoption rapide des réformes annoncées.

Cette nouvelle orientation suscite déjà des débats au sein de la société civile et parmi les analystes internationaux. Certains y voient une réponse nécessaire à l’augmentation de la criminalité, d’autres redoutent une dérive vers un modèle plus autoritaire.

Le politologue Daniel Zovatto évoque un risque de concentration excessive du pouvoir, tandis que le sociologue Constantino Urcuyo met en garde contre une importation mécanique du « modèle Bukele », difficilement compatible avec les traditions démocratiques costariciennes.

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