Pakistan : 21 policiers tués dans un attentat à la voiture piégée et une embuscade à Bannu
Le Pakistan replonge dans l’horreur. Dans le nord-ouest du pays, à proximité immédiate de la frontière afghane, une attaque d’une rare violence a frappé les forces de sécurité pakistanaises dans le district de Bannu, au cœur de la province instable de Khyber Pakhtunkhwa. Un attentat à la voiture piégée, suivi d’un assaut armé et d’une embuscade contre les renforts, a fait au moins 21 morts parmi les policiers, illustrant la dégradation alarmante de la situation sécuritaire dans cette région explosive.
Selon les autorités locales, l’attaque s’est produite dans la zone de Fatah Khel lorsqu’un kamikaze a lancé un véhicule bourré d’explosifs contre un poste de contrôle de la police. La déflagration a été d’une puissance dévastatrice. Le bâtiment sécuritaire a été pratiquement réduit en poussière sous l’effet du souffle, tandis que des véhicules étaient projetés au milieu des flammes et des débris.
Des témoins ont décrit une scène apocalyptique : des corps ensevelis sous les gravats, des cris dans la fumée, et des policiers tentant désespérément de secourir leurs collègues au milieu des ruines encore fumantes.
Mais l’opération terroriste ne s’est pas arrêtée à l’explosion. Profitant du chaos, plusieurs combattants lourdement armés ont immédiatement lancé une attaque contre les survivants. Quelques minutes plus tard, les forces de sécurité venues en renfort sont tombées dans une embuscade soigneusement préparée par les assaillants, aggravant encore le bilan humain.
Des responsables sécuritaires pakistanais ont indiqué que les terroristes semblaient disposer d’une coordination avancée et de moyens sophistiqués. Certaines sources policières évoquent même l’utilisation de drones pour surveiller les mouvements des forces de sécurité et guider les assaillants pendant l’opération, un élément qui suscite une profonde inquiétude au sein de l’appareil sécuritaire pakistanais.
Les images diffusées après l’attaque témoignent de l’ampleur du désastre : bâtiments éventrés, murs effondrés, véhicules calcinés et amas de béton noirci recouvrant le site du poste de contrôle. Les hôpitaux de Bannu ont été placés en état d’urgence afin de prendre en charge les nombreux blessés, tandis que plusieurs victimes se trouvent encore dans un état critique.
L’attentat a été revendiqué par l’alliance armée Ittehad-ul-Mujahideen Pakistan. Toutefois, les regards se tournent également vers le Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), les talibans pakistanais, qui multiplient les attaques contre les forces de sécurité depuis le retour des talibans afghans au pouvoir à Kaboul en 2021.
Cette attaque sanglante met une nouvelle fois en lumière la fragilité sécuritaire de la province de Khyber Pakhtunkhwa, devenue l’un des principaux foyers de l’insurrection armée dans la région. Située le long de la frontière afghane, cette zone montagneuse échappe régulièrement au contrôle total des autorités et sert de terrain d’opération à plusieurs groupes armés.
Depuis des mois, Islamabad accuse ouvertement le régime taliban afghan de fermer les yeux sur la présence de combattants pakistanais installés en territoire afghan. Selon les autorités pakistanaises, ces groupes utilisent l’Afghanistan comme sanctuaire pour préparer des attaques contre le Pakistan. Kaboul rejette catégoriquement ces accusations et affirme que l’insurrection au Pakistan relève de problèmes internes.
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