Mojtaba Khamenei est-il vivant ? La révélation de Marco Rubio et le mystère qui entoure Téhéran
Washington, 3 juin 2026 — Une audition décisive au Sénat américain a ravivé les tensions autour du conflit iranien et levé une partie du voile sur la situation du pouvoir à Téhéran.Devant la commission des Affaires étrangères, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a confirmé que, selon les services de renseignement américains, Mojtaba Khamenei serait bien vivant et « de plus en plus impliqué » dans la direction de l’Iran. Le fils de l’ancien guide suprême Ali Khamenei, présenté comme son successeur depuis mars 2026, dirigerait toutefois dans la discrétion la plus totale, ses échanges passant exclusivement par écrit et par intermédiaires.
« Je pense qu’il y a des signes qui montrent qu’il s’implique de plus en plus à un certain niveau », a déclaré Marco Rubio, soulignant le caractère indirect et fragmenté des communications au sommet de l’État iranien.
Cette confirmation intervient dans un contexte de forte incertitude depuis les frappes américano-israéliennes de février 2026 et l’absence totale d’apparitions publiques du nouveau guide suprême. Ces zones d’ombre avaient alimenté des spéculations sur la réalité du pouvoir à Téhéran, désormais partiellement levées par les déclarations américaines.
Dans le même temps, les négociations entre Washington et Téhéran restent dans l’impasse. Le cessez-le-feu, négocié en avril par le Pakistan, apparaît de plus en plus fragile, les échanges de tirs se poursuivant malgré la trêve officielle.
Lors de son audition, Marco Rubio a également détaillé la stratégie américaine, structurée en deux étapes. La première condition exige la réouverture immédiate du détroit d’Hormuz — un axe stratégique vital par lequel transitait près de 20 % du pétrole mondial avant le conflit. Ce n’est qu’ensuite que pourrait s’ouvrir une deuxième phase consacrée au dossier nucléaire iranien.
« S’ils mettent fin au blocus, nous levons certaines mesures, puis nous entrons dans la deuxième phase sur l’enrichissement », a-t-il expliqué, évoquant des négociations « hautement techniques » susceptibles de durer plusieurs mois.
Au cœur des discussions figure notamment le stock iranien d’uranium enrichi, estimé à environ 440 kg à 60 %, un niveau jugé critique par l’Agence internationale de l’énergie atomique (Agence internationale de l’énergie atomique), et suffisamment élevé pour permettre, en cas de poursuite de l’enrichissement, la fabrication potentielle de plusieurs armes nucléaires.
Marco Rubio a toutefois rejeté toute idée de concession préalable, affirmant que Téhéran ne recevrait aucun « acompte » sans contreparties vérifiables, notamment l’arrêt complet de l’enrichissement et le démantèlement de ses stocks sensibles.
Le secrétaire d’État a décrit un système iranien ralenti et fragmenté, marqué par des délais de réponse de plusieurs jours, qu’il attribue à des divisions internes et à un circuit de communication indirect reliant les négociateurs au sommet du pouvoir.
Malgré ce contexte tendu, Rubio a évoqué la possibilité d’un accord intérimaire « aujourd’hui, demain ou la semaine prochaine », tout en reconnaissant qu’aucune garantie de succès n’existe à ce stade.
Sur le terrain, la situation reste explosive. Des tirs de missiles et des frappes croisées continuent de violer la trêve, notamment autour du Golfe et du Levant, tandis que les efforts diplomatiques peinent à stabiliser la région.
Le président américain Donald Trump, en coordination avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, affirme poursuivre une médiation indirecte visant à contenir l’escalade, notamment avec des acteurs régionaux comme le Hezbollah via des canaux libanais.
Cette audition marque un tournant politique majeur : elle confirme la continuité du pouvoir à Téhéran malgré la guerre, éclaire les dynamiques internes autour des Gardiens de la révolution, et conditionne désormais toute évolution diplomatique à la réouverture du détroit d’Hormuz et à la question nucléaire, devenue le centre de gravité de la crise.
