Des frappes aériennes pakistanaises ciblent plusieurs zones de l’est afghan, Kaboul dénonce des victimes civiles
La tension monte dangereusement entre le Pakistan et l’Afghanistan. De nouvelles frappes aériennes pakistanaises ont visé plusieurs zones de l’est afghan, provoquant une vive réaction du gouvernement taliban qui accuse Islamabad d’avoir causé la mort de dizaines de civils. Le Pakistan affirme, lui, avoir mené une opération militaire ciblée contre des groupes armés responsables d’attaques meurtrières sur son territoire.
Selon les autorités pakistanaises, les frappes réalisées dans la nuit de dimanche à lundi avaient pour objectif de neutraliser des infrastructures appartenant au Jamaat-ul-Ahrar, une faction radicale liée au mouvement Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP). Le ministre pakistanais de l’Information, Attaullah Tarar, a déclaré que trois cibles situées dans les provinces afghanes de Paktia, Paktika et Kunar avaient été détruites lors de « frappes de précision ». Islamabad affirme que ces opérations ont permis d’éliminer 25 combattants.
Cette nouvelle offensive intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays. Le Pakistan accuse depuis longtemps les autorités afghanes de permettre au TTP d’utiliser le territoire afghan comme base arrière pour préparer des attaques contre le Pakistan. Ces dernières années, le groupe a intensifié ses opérations contre les forces de sécurité pakistanaises, notamment dans les régions proches de la frontière.
L’armée pakistanaise considère désormais la présence de ces groupes armés en Afghanistan comme une menace directe pour sa sécurité nationale. Les autorités d’Islamabad expliquent que les frappes constituent une réponse aux attaques récentes, notamment celle menée contre un camp des forces paramilitaires des Rangers à Karachi, ainsi qu’à plusieurs incidents violents dans les zones frontalières.
Mais du côté afghan, le récit est totalement différent. Le gouvernement taliban dénonce une violation de sa souveraineté et accuse le Pakistan d’avoir frappé des zones habitées. Le porte-parole adjoint du gouvernement afghan, Hamdullah Fitrat, affirme que les bombardements ont causé la mort de 36 civils, parmi lesquels des femmes et des enfants, et fait 163 blessés.
Kaboul affirme également qu’une seconde frappe aurait touché la zone alors que des habitants tentaient de porter secours aux victimes. Pour les autorités talibanes, ces opérations représentent une escalade dangereuse et une atteinte directe à la souveraineté afghane.
Les autorités afghanes, de leur côté, rejettent les accusations pakistanaises et affirment ne pas contrôler les actions de tous les groupes armés présents sur leur territoire. Elles accusent régulièrement Islamabad d’utiliser la lutte antiterroriste comme justification pour mener des opérations militaires au-delà de ses frontières.
Face à cette nouvelle escalade, les risques d’un affrontement direct entre Islamabad et Kaboul deviennent plus visibles. Si le Pakistan affirme vouloir uniquement éliminer les groupes menaçant sa sécurité, chaque frappe sur le sol afghan alimente davantage la colère du régime taliban et renforce les accusations de violation de souveraineté.
