Ukraine : la contestation s’amplifie après l’éviction du ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov
La colère ne retombe pas en Ukraine. Pour la deuxième journée consécutive, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Kiev, vendredi 17 juillet, afin de protester contre la décision du président Volodymyr Zelensky de démettre de ses fonctions le ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, une figure particulièrement populaire auprès de l’opinion publique et des partenaires occidentaux de l’Ukraine.
Ce limogeage, annoncé dans le cadre d’un remaniement gouvernemental, provoque une vive controverse et met en lumière des tensions croissantes au sommet de l’appareil militaire ukrainien, alors que le pays poursuit sa guerre contre la Russie.
Rassemblés pour la deuxième soirée consécutive dans la capitale, les manifestants ont brandi des drapeaux ukrainiens et des pancartes dénonçant le départ du ministre. Parmi les slogans les plus visibles figuraient : « Rendez-nous Fedorov ! », « Respectez le peuple » ou encore « Auto-sabotage », illustrant le mécontentement d’une partie de la population face à cette décision présidentielle.
Plus d’un millier de personnes avaient déjà manifesté la veille à Kiev ainsi que dans plusieurs autres villes du pays.
Âgé de 35 ans, réformateur et fervent défenseur de l’innovation technologique sur le champ de bataille, Mykhaïlo Fedorov avait présenté sa démission mercredi, moins de six mois après sa nomination à la tête du ministère de la Défense.
Selon ses propres déclarations, son départ est lié à un profond désaccord avec le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Oleksandre Syrsky. Fedorov défendait une modernisation accélérée des capacités militaires grâce aux nouvelles technologies, tandis que le chef de l’armée privilégierait une stratégie plus classique dans la conduite des opérations.
Sans entrer dans les détails des désaccords internes, le président Volodymyr Zelensky a justifié ce changement en expliquant vouloir préserver « l’unité » du commandement militaire à un moment où l’Ukraine fait toujours face à l’invasion russe.
Dans l’attente de la validation du Parlement, le poste est assuré par intérim par Ievguen Khmara, un haut responsable des services de sécurité ukrainiens (SBU), peu connu du grand public et sans véritable expérience politique.
Au-delà du départ de Mykhaïlo Fedorov, cette crise met en évidence les divergences stratégiques qui traversent désormais la hiérarchie militaire ukrainienne, plus de quatre ans après le début de la guerre.
Le soutien affiché par une partie de la population au ministre déchu, ainsi que les manifestations organisées dans plusieurs villes du pays, témoignent d’un malaise grandissant autour de la gestion du conflit et des choix opérés par les autorités ukrainiennes.
