Benghazi : la cour d’appel réclame une peine plus lourde pour le militant libyen Ahmed Abu Khatallah

Benghazi : la cour d’appel réclame une peine plus lourde pour le militant libyen Ahmed Abu Khatallah

La justice d’appel américaine a une nouvelle fois durcie sa position dans le dossier de l’attentat de Benghazi. Une cour d’appel fédérale a estimé que la peine de 28 ans de prison infligée au militant libyen Ahmed Abu Khatallah était insuffisante au regard de la gravité des faits. Les juges ont annulé cette condamnation et renvoyé l’affaire devant un tribunal fédéral de Washington afin qu’une nouvelle audience de détermination de la peine soit organisée.

Reconnu coupable de plusieurs infractions liées au terrorisme à l’issue de son procès en 2017, Ahmed Abu Khatallah est considéré comme l’un des principaux responsables de l’attaque menée le 11 septembre 2012 contre les installations diplomatiques américaines à Benghazi, dans l’est de la Libye. L’assaut avait coûté la vie à l’ambassadeur américain Chris Stevens ainsi qu’à trois autres Américains, devenant l’un des épisodes les plus marquants de la présence diplomatique des États-Unis en Libye.

Dans leur décision, les trois juges de la Cour d’appel du district de Columbia estiment que la peine prononcée ne reflète pas l’ampleur des crimes commis. Ils soulignent que Khatallah a participé à la préparation et à l’exécution d’une attaque préméditée contre une mission diplomatique américaine et qu’il aurait fait pression sur les forces de sécurité libyennes pour qu’elles ne patrouillent pas aux abords du complexe au moment de l’assaut. Les magistrats rappellent également que le condamné n’a jamais exprimé de remords, affirmant que son seul regret était que davantage d’Américains n’aient pas été tués.

Il s’agit de la deuxième fois que la cour d’appel remet en cause la sévérité de la peine. En 2018, Ahmed Abu Khatallah avait été condamné à 22 ans de prison, une sanction que la même juridiction avait déjà qualifiée de « scandaleusement légère » avant d’ordonner un nouveau calcul de la peine. À la suite de cette décision, le juge fédéral Christopher Cooper avait porté la condamnation à 28 ans, une peine que la cour d’appel juge aujourd’hui encore insuffisante.

Capturé en Libye en 2014 lors d’une opération des forces américaines, Ahmed Abu Khatallah a été transféré aux États-Unis, où il a été jugé et condamné pour plusieurs infractions liées au terrorisme, tout en étant acquitté du chef d’accusation de meurtre. Ce transfert avait suscité des critiques en Libye, où de nombreux observateurs estimaient qu’il aurait dû être jugé par la justice libyenne, les faits s’étant déroulés sur le territoire libyen. Les autorités américaines avaient toutefois choisi de le poursuivre devant un tribunal fédéral à Washington.

L’attentat de Benghazi demeure l’un des épisodes les plus sensibles de la politique étrangère américaine de la dernière décennie. Il avait déclenché une vive controverse à Washington, où les républicains avaient accusé l’administration du président Barack Obama et la secrétaire d’État de l’époque, Hillary Clinton, de graves défaillances dans la sécurisation du complexe diplomatique et d’une réaction jugée insuffisamment rapide face à l’attaque. Près de quatorze ans après les faits, ce dossier continue de susciter des débats tant sur le plan judiciaire que politique, des deux côtés de la Méditerranée.

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