L’Iran convoque l’ambassadeur de France pour « ingérence » après l’incident impliquant deux diplomates
Les tensions diplomatiques entre Paris et Téhéran continuent de s’aggraver. Lundi 27 juillet, le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé avoir convoqué l’ambassadeur de France en Iran, Pierre Cochard, l’accusant d’« ingérence dans les affaires intérieures » de la République islamique. Cette décision intervient quelques jours après la détention de deux diplomates français par les services de sécurités iraniennes à Téhéran, un épisode qui a provoqué une vive réaction des autorités françaises.
Selon le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, l’ambassadeur français a été reçu dimanche afin de se voir signifier que Paris devait « cesser de telles actions et de telles ingérences sous des appellations trompeuses ». Les autorités iraniennes reprochent aux deux diplomates d’avoir mené des activités « injustifiées » et d’être intervenus dans les affaires internes du pays sous couvert d’échanges avec la société civile.
De son côté, la France rejette catégoriquement ces accusations. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait dénoncé dès le 20 juillet une « action d’intimidation extrêmement grave » menée par les services de sécurité iraniens contre deux agents de l’ambassade de France.
Selon Paris, les deux diplomates ont été arrêtés sans motif valable, retenus plusieurs heures et interrogés. L’un d’eux aurait été physiquement agressé lors de son interpellation. Les deux agents, profondément choqués par cet incident, ont quitté précipitamment l’Iran pour regagner la France le 22 juillet.
Le quotidien Le Monde a révélé que l’un des diplomates présentait encore une blessure au front à son retour en France. Jean-Noël Barrot estime que cette opération était « grave » et « préméditée », affirmant qu’elle visait directement les représentants français chargés des programmes de coopération avec la société civile iranienne, notamment dans les domaines culturel, scientifique et artistique.
Les autorités iraniennes livrent une tout autre version des faits. Elles affirment que les deux diplomates participaient à une réunion avec des personnes faisant l’objet d’enquêtes liées à la sécurité nationale. Selon Téhéran, plusieurs documents jugés compromettants auraient été saisis sur place et sont actuellement examinés par les services compétents.
Le ministère iranien nie également toute violence à l’encontre des représentants français, assurant qu’ils n’ont été que « brièvement interrogés » avant d’être relâchés.
L’incident marque une nouvelle dégradation des relations déjà tendues entre la France et l’Iran. Après la détention des diplomates, Paris avait convoqué le chargé d’affaires iranien au Quai d’Orsay afin d’exiger des explications et de protester officiellement contre ce qu’elle considère comme une violation des règles diplomatiques.
La convocation, en retour, de l’ambassadeur français par Téhéran illustre l’escalade des tensions entre les deux pays, sur fond de désaccords persistants concernant les droits humains, le soutien français à la société civile iranienne et plusieurs dossiers de sécurité régionale. Aucune indication ne laisse pour l’instant entrevoir un apaisement rapide de cette nouvelle crise diplomatique.
