Bangladesh : Sheikh Hasina défie la justice et annonce son retour malgré une condamnation à mort

Bangladesh : Sheikh Hasina défie la justice et annonce son retour malgré une condamnation à mort

Condamnée à mort pour crimes contre l’humanité et contrainte à l’exil depuis deux ans, l’ancienne Première ministre bangladaise Sheikh Hasina défie ouvertement les autorités de son pays. Depuis New Delhi, où elle s’est réfugiée après le soulèvement populaire de 2024, la dirigeante de 78 ans a annoncé son intention de rentrer au Bangladesh, affirmant qu’elle était prête à être arrêtée, emprisonnée, voire à mourir pour défendre ses convictions politiques.

Dans un message adressé à ses partisans depuis New Delhi, Hasina a déclaré être prête à affronter l’arrestation, la prison, voire la mort. « Ils peuvent m’emprisonner ou me tuer, mais je dois retourner auprès de mon peuple », a-t-elle affirmé, dénonçant des procédures judiciaires qu’elle qualifie de « fabriquées de toutes pièces ».

Son annonce intervient dans un climat de très forte tension politique. À Dacca, des manifestants ont brûlé son effigie, tandis que le gouvernement du Premier ministre Tarique Rahman a vivement condamné cette prise de parole depuis l’Inde, estimant qu’elle risque d’aggraver les relations diplomatiques entre les deux pays. Les autorités bangladaises continuent par ailleurs de réclamer son extradition afin qu’elle réponde devant la justice.

Pour les partisans de la Ligue Awami, désormais interdite, cette déclaration ravive l’espoir d’un retour sur la scène politique. Plusieurs responsables du mouvement affirment déjà préparer la réorganisation du parti dans la perspective d’un éventuel retour de leur dirigeante.

À l’inverse, les figures du soulèvement de 2024 rejettent catégoriquement cette perspective. Selon elles, aucune réconciliation n’est possible sans que Sheikh Hasina réponde des accusations portées contre elle. Pour de nombreux survivants des manifestations, les promesses de retour de l’ancienne dirigeante relèvent davantage de la stratégie politique que d’un projet réellement réalisable.

Les analystes estiment que cette annonce constitue un pari à très haut risque. Si elle venait effectivement à rentrer au Bangladesh, Hasina pourrait tenter de redonner un souffle à la Ligue Awami et de rebattre les cartes politiques. Mais dans un pays profondément marqué par les violences de 2024 et où la justice la poursuit pour la mort de plus de 1 400 manifestants, son retour apparaît plus incertain que jamais.

Entre défi lancé aux autorités, mobilisation de ses fidèles et rejet d’une grande partie de la population, Sheikh Hasina ouvre un nouveau chapitre d’une crise politique qui continue de façonner l’avenir du Bangladesh.

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