France : la récession se profile, Marc Touati redoute un scénario pire qu’en 2008

France : la récession se profile, Marc Touati redoute un scénario pire qu’en 2008

La croissance française a été révisée à la baisse au premier comme au deuxième trimestre 2026. Si le pays n’est pas encore officiellement en récession, l’économiste Marc Touati estime que les signaux d’alerte se multiplient.

La situation économique française se dégrade-t-elle davantage que prévu ? Les dernières données publiées par l’Insee relancent les inquiétudes. Au deuxième trimestre 2026, le produit intérieur brut (PIB) de la France n’a finalement pas progressé. La croissance s’est établie à 0%, alors qu’une hausse de 0,2% était initialement attendue.

L’Institut national de la statistique a également revu à la baisse son estimation pour le premier trimestre. Le PIB, qui devait reculer de 0,1%, s’est finalement contracté de 0,2%. Ces chiffres interviennent alors que le gouvernement s’apprête à présenter son projet de budget pour 2027 à l’Assemblée nationale, le 30 septembre prochain.

Sur le plan technique, la France n’est pas encore considérée comme étant en récession. Cette situation est généralement caractérisée par une baisse du PIB pendant deux trimestres consécutifs. Or, après le recul enregistré au premier trimestre, l’économie française a stagné au deuxième trimestre, sans connaître une nouvelle contraction.

Pour Marc Touati, cette nuance statistique ne doit toutefois pas masquer la réalité économique. Dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, l’économiste estime que « la récession est bien en marche ».

Il souligne notamment la remontée du taux d’intérêt de la dette française à dix ans, qui a atteint 4,134%, son niveau le plus élevé depuis 2008. Cette pression accrue sur les finances publiques n’a pas empêché l’agence Fitch de maintenir la note de la dette française à A+.

Marc Touati se montre particulièrement alarmiste concernant les prochains mois. « Cette crise de 2026-2027 risque d’être plus grave que celle de 2008-2009 », affirme-t-il.

La crise financière provoquée par les subprimes avait entraîné une importante récession mondiale. En France, le PIB avait notamment reculé de 2,8% en 2009. Une telle situation ne s’est pas encore reproduite, mais l’économiste estime que les marges de manœuvre du gouvernement sont aujourd’hui beaucoup plus limitées.

Selon lui, le déficit public français représentait 3,3% du PIB en 2007, avant la crise financière, contre 5,1% actuellement. Cette dégradation réduirait la capacité des pouvoirs publics à soutenir efficacement l’économie en cas de nouveau ralentissement.

Alors que la croissance est à l’arrêt, que le coût de la dette augmente et que les débats budgétaires s’annoncent difficiles, la publication des prochains indicateurs permettra de déterminer si la France s’éloigne durablement de la croissance ou si elle parvient encore à éviter une véritable récession.

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