Reform UK éclaboussé par un scandale de financement : deux proches de Farage démissionnent
Le parti de Nigel Farage traverse une nouvelle zone de turbulences. Une enquête en caméra cachée met en cause plusieurs responsables de Reform UK, soupçonnés d’avoir envisagé des mécanismes permettant de contourner les règles britanniques sur le financement politique. Deux proches du leader ont quitté leurs fonctions.
La controverse a éclaté jeudi 3 septembre après la diffusion d’une enquête de Channel 4 News, réalisée avec le collectif Verbatim Media. Des journalistes infiltrés auraient recueilli des échanges faisant état de projets destinés à permettre à des fonds provenant de l’étranger de bénéficier indirectement à Reform UK.
Au centre des révélations figure notamment un sondage réalisé avant les élections locales de mai. Plus de 30 000 livres sterling auraient été versées à l’institut JL Partners par l’intermédiaire d’une société américaine. Selon l’enquête, le dispositif aurait permis de masquer le véritable lien entre le financement et le parti britannique.
Les images mettent notamment en cause James Orr, alors responsable de la politique du parti, ainsi que Dan Jukes, consultant et proche de Nigel Farage. Tous deux ont quitté leurs fonctions après la diffusion de l’enquête.
Dans les échanges enregistrés, James Orr aurait affirmé que Nigel Farage n’était pas au courant du montage concernant le sondage. Le dirigeant de Reform UK apparaît toutefois ultérieurement dans une rencontre avec le prétendu donateur américain et se montre satisfait des résultats obtenus par l’étude.
Nigel Farage nie toute violation des règles électorales. Le chef de Reform UK assure que son parti n’a accepté aucun financement illégal et défend ses procédures de contrôle des donateurs.
Il a également vivement critiqué l’enquête, qualifiant les propos de ses anciens collaborateurs de conversations privées sorties de leur contexte. La direction du parti affirme de son côté que certaines séquences ont été présentées de manière incomplète et a annoncé une enquête interne.
L’affaire ne se limite toutefois pas au financement du sondage. L’enquête évoque également des discussions autour d’un éventuel don de 500 000 livres sterling provenant de l’étranger, une opération qui pourrait se heurter aux règles britanniques sur les contributions politiques.
Les révélations ont rapidement provoqué des réactions dans les autres formations britanniques. Des responsables politiques demandent désormais que la Commission électorale et les autorités compétentes examinent les éléments présentés par les journalistes.
La polémique intervient dans un contexte particulièrement délicat pour Reform UK. Le parti, qui cherche à transformer ses récents succès électoraux en véritable percée nationale, veut apparaître comme une alternative aux formations traditionnelles.
