Brésil : Rio se mobilise contre Bolsonaro, des milliers de manifestants dans la rue
À l’approche du second tour de la présidentielle brésilienne, des milliers d’étudiants et de manifestants ont défilé mercredi à Rio de Janeiro contre la candidature de Flavio Bolsonaro et la progression de l’extrême droite. « Plus jamais Bolsonaro », « Non au père, non au fils » et « Plus jamais de dictature » figuraient parmi les slogans scandés dans les rues de la ville.
La mobilisation intervient quelques jours après le premier tour de l’élection présidentielle, au terme duquel le sénateur Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, est arrivé en tête avec 47 % des suffrages. Il affrontera au second tour, le 25 octobre, le président de gauche sortant Luiz Inácio Lula da Silva, crédité de 45 % des voix.
Dans le centre de Rio, les manifestants ont défilé en brandissant des pancartes hostiles à la famille Bolsonaro et à l’extrême droite. Plusieurs banderoles réclamaient également la défense de la démocratie et de l’éducation publique. Des fumigènes ont été allumés au cours de la marche, qui s’est dirigée vers la place Cinelandia.
« Plus jamais Bolsonaro », « Non au père, non au fils » ou encore « Bolsonaro dehors ! » pouvait-on lire sur les pancartes. Certains manifestants ont également dénoncé ce qu’ils considèrent comme une résurgence de l’autoritarisme au Brésil.
« Je suis ici parce que je crois en la démocratie. Parce que j’ai peur », a déclaré Alice Carneiro, 25 ans, participante à la mobilisation. Elle a expliqué redouter, en cas de retour au pouvoir de la droite radicale, des mesures visant notamment sa femme, qui est transgenre.
Le scrutin du 4 octobre a relancé les inquiétudes d’une partie de la société brésilienne, alors que Flavio Bolsonaro a obtenu un résultat supérieur aux prévisions de plusieurs sondages. Son duel avec Lula place une nouvelle fois le pays au cœur d’une confrontation politique entre la gauche et la droite radicale.
Flavio Bolsonaro bénéficie du soutien de son père, Jair Bolsonaro, qui a dirigé le Brésil de 2019 à 2023. L’ancien président purge actuellement une peine de 27 ans de prison pour son implication dans un complot visant à contester sa défaite lors de l’élection de 2022.
Son mandat avait été marqué par des prises de position controversées, notamment son soutien à l’ancien régime militaire brésilien et ses attaques répétées contre la fiabilité du système électoral. Après l’investiture de Lula en janvier 2023, des partisans de Jair Bolsonaro avaient pris d’assaut plusieurs bâtiments gouvernementaux à Brasilia.
Flavio Bolsonaro s’est prononcé en faveur d’une amnistie pour son père, une perspective qui alimente les inquiétudes de ses adversaires et figurait au cœur des critiques exprimées lors de la manifestation de Rio.
« Je trouve cette montée de l’extrême droite et la montée du bolsonarisme au Brésil très, très tristes », a déclaré Emmanuel Araujo, 19 ans, étudiant et participant à la mobilisation.
« Lula n’est peut-être pas mon candidat préféré, mais face à cette barbarie, nous devons choisir entre quelqu’un que nous pouvons continuer à critiquer et quelqu’un qui pourrait nous priver de notre droit à la parole », a-t-il ajouté.
De nombreux participants portaient du rouge, couleur associée au Parti des travailleurs de Lula. Des drapeaux et pancartes en faveur du président sortant ont également été brandis au cours du rassemblement.
La mobilisation s’est déroulée dans un climat de forte polarisation politique. Certains manifestants ont également dénoncé l’influence américaine en Amérique latine et le soutien de Washington à la famille Bolsonaro.
