Iran : « Beaucoup de gens ont du mal à se nourrir », alerte le président Pezeshkian

Iran : « Beaucoup de gens ont du mal à se nourrir », alerte le président Pezeshkian

La pression économique exercée par Washington, les restrictions sur les exportations pétrolières et les conséquences du conflit militaire aggravent les difficultés quotidiennes en Iran. Le président Massoud Pezeshkian reconnaît que de nombreux Iraniens peinent désormais à satisfaire leurs besoins alimentaires, alors que les perspectives d’un règlement diplomatique restent incertaines et que la menace d’une reprise des frappes américaines se précise.

La crise économique iranienne pèse de plus en plus lourdement sur la population. Le président Massoud Pezeshkian a reconnu, samedi 24 octobre, que de nombreux habitants du pays éprouvaient des difficultés à se nourrir, dans un contexte marqué par la guerre, les restrictions commerciales et l’intensification de la pression économique américaine.

« Dans notre société, beaucoup de gens ont du mal à se nourrir en raison de la guerre et des conditions de vie » qu’elle entraîne, a déclaré le chef de l’État dans un discours diffusé sur internet. Cette déclaration intervient alors que les autorités iraniennes dénoncent les conséquences des mesures prises par Washington sur une économie déjà confrontée à de lourdes contraintes.

Ces dernières semaines, les États-Unis ont réduit leurs opérations militaires au Moyen-Orient tout en renforçant la pression économique sur Téhéran. Le blocus imposé aux ports iraniens entrave les exportations de pétrole et les échanges commerciaux, privant le pays d’une partie de ses ressources et compliquant son approvisionnement.

Pour les dirigeants iraniens, une reprise des négociations ne pourra toutefois être envisagée sans un changement de position américain. Téhéran affirme que toute perspective de paix suppose la fin des pressions et des menaces de Washington, tandis que le maintien des restrictions économiques continue d’alimenter les tensions entre les deux pays.

Le conflit, déclenché le 28 février par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, a profondément bouleversé la situation régionale. Ces attaques ont notamment coûté la vie au guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, ainsi qu’à plusieurs hauts responsables militaires.

En représailles, l’Iran a attaqué des intérêts américains dans la région et visé Israël. Téhéran a également restreint l’accès au détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures. En réponse, Washington a imposé un blocus des ports iraniens, accentuant les difficultés économiques du pays.

Un accord de cessez-le-feu conclu à la mi-juin devait mettre un terme aux hostilités. Mais cette tentative d’apaisement a rapidement échoué, les deux camps s’accusant mutuellement d’avoir violé ses dispositions. Depuis, des frappes américaines sporadiques contre des cibles iraniennes et les attaques iraniennes contre des navires tentant de traverser le détroit sans autorisation ont entretenu un climat d’insécurité.

Face à cette impasse, Massoud Pezeshkian estime que son pays doit sortir d’une situation qu’il a résumée comme n’étant « ni la guerre ni la paix ». Le président n’a cependant avancé aucune proposition concrète pour y parvenir, alors que les conséquences économiques du conflit continuent de se faire sentir.

Les craintes d’une nouvelle escalade se sont renforcées vendredi, lorsque l’ambassadeur des États-Unis en Turquie, Tom Barrack, a évoqué la possibilité d’une reprise des frappes américaines dès le week-end. Cette perspective intervient à quelques jours des élections législatives américaines de mi-mandat, prévues le 3 novembre.

Du côté iranien, les Gardiens de la Révolution ont de nouveau menacé de riposter avec force à toute attaque. « Même si l’ennemi mène une action limitée, la riposte de l’Iran sera plusieurs fois plus importante », a déclaré samedi leur porte-parole à l’agence Fars.

Entre difficultés alimentaires, restrictions économiques et menace d’une reprise des affrontements, la population iranienne se retrouve ainsi confrontée aux conséquences d’un conflit dont l’issue demeure incertaine. Pour Téhéran, le défi consiste désormais à desserrer l’étau économique sans renoncer à sa position face à Washington, alors que toute nouvelle escalade militaire risque d’aggraver davantage les conditions de vie des Iraniens.

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