Paraguay : la crise bancaire déclenche une offensive de l’opposition pour destituer le président Santiago Peña

Paraguay : la crise bancaire déclenche une offensive de l’opposition pour destituer le président Santiago Peña

La crise bancaire qui secoue le Paraguay prend désormais une dimension politique. Des députés de l’opposition ont engagé une offensive parlementaire contre le président Santiago Peña, en déposant une demande de procédure de destitution, au lendemain de la décision de la Banque centrale de prendre le contrôle de Ueno Bank, un établissement financier déclaré insolvable et dont le chef de l’État a détenu des parts jusqu’en 2025. Une affaire qui place directement la responsabilité politique du président au cœur de la controverse.

La demande a été présentée mercredi 4 novembre au Parlement. Selon le député Mauricio Espinola, dissident du parti conservateur au pouvoir, elle a recueilli les 35 signatures nécessaires et a été transmise au président de la Chambre des députés. Une session extraordinaire a été convoquée pour jeudi matin afin d’examiner cette initiative.

Au centre de la crise figure Ueno Bank, qui revendique quelque 2,94 millions de clients. Mardi, la Banque centrale paraguayenne a décidé d’en prendre le contrôle, à la suite de difficultés financières ayant conduit à son insolvabilité. La proximité passée entre cet établissement et Santiago Peña donne à cette intervention bancaire une portée politique particulière. Le président a en effet détenu des actions de la banque jusqu’en 2025.

Pour l’opposition, cette situation justifie l’ouverture d’une procédure visant le chef de l’État. Les parlementaires contestataires entendent ainsi transformer la crise financière en une épreuve politique pour le pouvoir, en mettant en cause les liens entretenus par le président avec un établissement aujourd’hui au centre d’une intervention des autorités monétaires.

Toutefois, le dépôt de la demande ne signifie pas que la procédure de destitution est engagée. Pour franchir cette première étape institutionnelle, l’initiative doit obtenir le soutien d’au moins 53 députés sur les 80 que compte la Chambre basse. Or, le parti de Santiago Peña y dispose d’une position dominante, ce qui constitue un obstacle majeur pour l’opposition.

La bataille parlementaire s’annonce donc difficile. Si les 35 signatures réunies permettent à l’opposition de porter officiellement l’affaire devant les députés, elles restent loin de la majorité requise. La session extraordinaire de jeudi devra ainsi permettre de mesurer le rapport de force entre les adversaires du président et la majorité qui le soutient.

La crise de Ueno Bank dépasse désormais le seul cadre du secteur financier. Elle pose la question des relations entre pouvoir politique et intérêts bancaires, alors que l’établissement concerné comptait plusieurs millions de clients. Pour Santiago Peña, au pouvoir depuis 2023, l’enjeu est désormais de contenir les répercussions politiques d’une affaire susceptible d’alimenter durablement les critiques de ses opposants.

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