Le Koweït convoque le chargé d’affaires irakien pour protestation officielle sur des zones maritimes contestées

Le Koweït convoque le chargé d’affaires irakien pour protestation officielle sur des zones maritimes contestées

Le samedi 22 février 2026, le ministère koweïtien des Affaires étrangères a convoqué Zaid Abbas Shanshal, le chargé d’affaires de l’ambassade d’Irak à Koweït, afin de lui remettre une note de protestation officielle et ferme. Cette démarche intervient après que l’Irak, le 18 février, a déposé auprès de la Division des affaires océaniques et du droit de la mer des Nations Unies (DOALOS) une liste de coordonnées géographiques accompagnée d’une carte maritime actualisée, référencée M.Z.N.172.2026.LOS. Selon les autorités koweïtiennes, cette soumission inclut des revendications sur des zones maritimes qui empiètent sur la souveraineté incontestée du Koweït.

Le communiqué du ministère cite spécifiquement Fasht Al-Qaid et Fasht Al-Aij, deux élévations maritimes fixes et stables, décrites comme des bancs de sable ou des îlots émergents à marée basse. Le Koweït considère ces zones comme relevant pleinement de sa juridiction depuis des décennies et souligne qu’aucun différend n’a jamais existé à leur sujet. Ces zones ne font d’ailleurs pas partie des négociations historiques sur la frontière terrestre ou sur le Khor Abdullah, corridor partagé entre les deux pays.

Par la voix de l’ambassadeur adjoint Aziz Rahim Al-Daihani, le ministère koweïtien a dénoncé ces coordonnées et cette carte comme une « violation flagrante » de sa souveraineté, en contradiction avec la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982 (UNCLOS), avec les accords bilatéraux de démarcation frontalière de 1993 supervisés par l’ONU, ainsi qu’avec les mémorandums et protocoles régissant la navigation dans le Khor Abdullah. Le Koweït a donc appelé l’Irak à « agir avec sérieux et responsabilité », en tenant compte des relations historiques fraternelles entre les deux pays, afin de respecter le droit international et éviter toute escalade.

De son côté, l’Irak justifie sa démarche auprès de l’ONU comme un moyen de clarifier et sécuriser ses limites maritimes, notamment pour soutenir le développement stratégique du grand port de Faw, qui vise à élargir l’accès de l’Irak au golfe Persique et à réduire sa dépendance au corridor du Khor Abdullah. Cependant, Bagdad n’a pas encore publié de réponse officielle détaillée à la protestation koweïtienne.

Ce nouvel épisode s’inscrit dans un différend maritime persistant depuis les années 1990, aggravé par l’annulation partielle par la Cour suprême fédérale irakienne (2023-2025) d’un accord de navigation de 2012-2013 sur le Khor Abdullah, par des protestations récurrentes irakiennes contre des installations koweïtiennes près de Fasht Al-Aij, et par les enjeux économiques majeurs liés aux ports concurrents : Mubarak al-Kabeer au Koweït et Grand Faw en Irak.

Malgré ces tensions, les deux pays continuent de maintenir un dialogue technique bilatéral et évitent pour l’instant toute confrontation directe. Cet incident, bien que limité au cadre diplomatique et onusien, illustre la fragilité persistante de la réconciliation post-1990 entre Bagdad et Koweït.

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