Libye : Trois suspects identifiés dans l’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi

Libye : Trois suspects identifiés dans l’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi

Le parquet libyen a annoncé jeudi l’identification de trois suspects dans l’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi, fils du défunt dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, survenu début février à Zintan. Des mandats d’arrêt ont été émis à leur encontre, sans que leurs identités n’aient été rendues publiques pour l’instant.

Selon le bureau du procureur général, l’enquête a permis de retracer les mouvements des auteurs présumés : le lieu de leur réunion avant le crime, les véhicules utilisés, ainsi que l’itinéraire emprunté pour atteindre le domicile de Saïf al-Islam dans la périphérie de Zintan, à 145 km au sud-ouest de Tripoli.

Le communiqué précise que les suspects ont tendu une embuscade au domicile de Saïf al-Islam, pénétrant dans sa cour et l’encerclant dans un espace restreint avant d’ouvrir le feu à l’aide de mitrailleuses, provoquant des blessures mortelles. De son côté, l’équipe politique de Saïf al-Islam a indiqué que quatre hommes armés et masqués avaient pris d’assaut la maison à midi, neutralisé les caméras de surveillance et affronté la victime avant sa mort, appelant à une enquête internationale indépendante pour identifier les commanditaires.

Saïf al-Islam, âgé de 53 ans, était considéré comme une figure centrale du régime de son père. Il dirigeait la Fondation Kadhafi pour les droits de l’homme et avait initié le projet « Libye de demain », notamment en libérant des prisonniers politiques, avant que la révolution de 2011 ne mette fin à cette image et ne le pousse à menacer de « bains de sang ».

Après la chute du régime, il fut détenu à Zintan par la « Brigade Abou Bakr al-Siddiq », qui refusa de le livrer aux autorités de Tripoli ou à la Cour pénale internationale, où il était poursuivi pour crimes contre l’humanité. Condamné à mort par un tribunal de Tripoli en 2015, il fut libéré en 2017 grâce à une loi d’amnistie controversée promulguée par le Parlement de l’est. Il resta ensuite introuvable jusqu’à sa candidature à l’élection présidentielle de 2021 à Sabha, avant que le scrutin ne soit reporté.

Cet assassinat intervient dans un contexte de divisions politiques persistantes et de luttes pour le pouvoir en Libye depuis 2011, avec deux gouvernements rivaux : le Gouvernement d’union nationale internationalement reconnu à Tripoli, dirigé par Abdul Hamid Dbeibah, et un gouvernement parallèle à Benghazi sous Osama Hammad, soutenu par le parlement et le général à la retraite Khalifa Haftar. Les efforts de l’ONU pour organiser des élections destinées à unifier le pays ont jusqu’ici échoué.

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