Liban-Israël : pourquoi Aoun cherche-t-il des soutiens à Athènes pour faire appliquer l’accord ?
En visite à Athènes, le président libanais Joseph Aoun a appelé la Grèce à apporter au Liban son soutien « autant que possible » afin de faciliter la mise en œuvre de l’accord-cadre conclu fin juin avec Israël, sous l’égide des États-Unis.
Devant le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, le chef de l’État libanais a insisté sur la nécessité d’une application complète de cet accord, estimant qu’aucune de ses dispositions ne devait être laissée de côté. « Cet accord doit être mis en œuvre dans son intégralité et non de manière sélective », a-t-il déclaré.
Joseph Aoun a également demandé à Athènes de soutenir la position libanaise sur la scène internationale, notamment au sein des Nations unies. « Nous demandons autant que possible l’assistance de la Grèce pour aider le Liban à le mettre en œuvre », a-t-il affirmé, tout en appelant à « l’aide de la Grèce dans toutes les instances internationales ».
Cette démarche soulève toutefois une question : pourquoi Beyrouth doit-il multiplier les demandes d’appui extérieur pour obtenir l’application d’un accord censé justement renforcer l’autorité de l’État libanais ?
Cette offensive diplomatique intervient alors que l’accord du 26 juin reste confronté à d’importantes difficultés d’application. Conclu sous médiation américaine, le texte prévoit notamment que l’armée libanaise rétablisse progressivement son autorité dans le sud du pays, parallèlement au retrait des forces israéliennes de certaines zones.
Le dispositif repose également sur le désarmement du Hezbollah, avec un processus devant commencer dans des « zones pilotes ». L’objectif affiché est de permettre à l’État libanais de reprendre progressivement le contrôle sécuritaire du sud du pays.
Le choix d’Athènes n’est pourtant pas sans logique. La Grèce entretient des relations historiques avec le Liban et plusieurs pays arabes, tout en ayant considérablement renforcé sa coopération politique, militaire et sécuritaire avec Israël.
C’est précisément cette proximité avec les deux camps qui semble intéresser Beyrouth. Aoun espère manifestement utiliser la position grecque comme un relais supplémentaire auprès de ses partenaires occidentaux et d’Israël.
Mais c’est justement sur ce terrain que la démarche de Joseph Aoun révèle ses limites. Au lieu de disposer d’une marge de manœuvre suffisante pour imposer la souveraineté de l’État, Beyrouth semble encore dépendre de l’appui de puissances étrangères pour faire respecter les engagements prévus par l’accord.
Or, cette stratégie peut difficilement constituer une solution durable. La souveraineté que Joseph Aoun cherche à rétablir ne peut pas reposer indéfiniment sur la protection diplomatique d’autres États.
