Tunisie : plus de 3 000 manifestants dans les rues de Tunis contre la vie chère et les restrictions des libertés

Tunisie : plus de 3 000 manifestants dans les rues de Tunis contre la vie chère et les restrictions des libertés

Plus de 3 000 personnes ont manifesté samedi 17 octobre à Tunis contre la hausse du coût de la vie et pour le respect des libertés fondamentales. Organisée à l’appel de plusieurs organisations syndicales, professionnelles et politiques, dont la puissante centrale syndicale UGTT, la mobilisation a également réclamé la libération des prisonniers politiques, dans un contexte marqué par les inquiétudes liées au recul des droits et à la dégradation du pouvoir d’achat.

Dans le centre de la capitale, placé sous haute surveillance policière, les manifestants ont défilé en brandissant des pancartes portant des slogans tels que « Pas de démocratie sans libertés » et « Pas de dignité avec la pauvreté ». Plusieurs accès ont été fermés à la circulation automobile et aux piétons, tandis que les forces de l’ordre encadraient le cortège.

La mobilisation a réuni des syndicalistes, des responsables politiques, des représentants de la société civile ainsi que des proches d’opposants emprisonnés. Outre l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) et l’Organisation tunisienne des jeunes médecins avaient appelé à participer au rassemblement.

Les revendications portaient à la fois sur les difficultés économiques et sur la situation des libertés publiques. Depuis le 25 juillet 2021, date à laquelle le président Kaïs Saïed a engagé une concentration des pouvoirs, l’opposition et plusieurs organisations de la société civile dénoncent un recul des droits et des libertés dans le pays, berceau du Printemps arabe.

La question du pouvoir d’achat occupe également une place centrale dans le mécontentement. La hausse des prix et les difficultés économiques persistantes pèsent sur le quotidien de nombreux Tunisiens, alimentant les critiques contre la politique gouvernementale et les inquiétudes quant aux perspectives offertes aux jeunes.

« Nous demandons le respect des libertés fondamentales et surtout la libération des prisonniers politiques », a déclaré à l’AFP l’opposante Sihem Bensedrine, résumant l’une des principales exigences des manifestants.

Karim Majeri, un fonctionnaire de 32 ans, a pour sa part dénoncé une situation qu’il juge insupportable, affirmant être « étouffé par l’injustice, l’oppression et la cherté de la vie ».

Le sentiment de déclassement et les préoccupations concernant l’avenir de la jeunesse ont également été exprimés au cours du rassemblement. « Nous avons le droit de vivre dignement. La politique actuelle n’arrive pas à rassurer la jeunesse, la corruption entrave tout », a déclaré Mayssa Batikh, une étudiante de 21 ans en médecine dentaire.

Cette mobilisation traduit ainsi la convergence de deux sources de mécontentement : les difficultés socio-économiques et les inquiétudes concernant les libertés publiques. En réunissant des organisations syndicales, des acteurs de la société civile et des représentants de l’opposition, le rassemblement a porté un message qui dépasse la seule question du coût de la vie, en plaçant la dignité, les droits fondamentaux et les conditions de vie au cœur des revendications.

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