Liban : Aoun sollicite Paris pour prévenir un vide sécuritaire dans le Sud à l’issue du mandat de la FINUL

Liban : Aoun sollicite Paris pour prévenir un vide sécuritaire dans le Sud à l’issue du mandat de la FINUL

À l’approche de la fin du mandat de la FINUL, prévue le 31 décembre 2026, le président libanais Joseph Aoun appelle la France à contribuer à la mise en place d’un dispositif international pour garantir la sécurité dans le sud du pays. En visite à Beyrouth, le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, examine les possibilités d’une présence internationale, alors que les forces israéliennes occupent toujours une partie du territoire libanais et que les tensions autour du désarmement du Hezbollah persistent.

Le Liban intensifie ses démarches diplomatiques pour éviter que le départ programmé des Casques bleus ne crée un vide sécuritaire dans le Sud. Le président Joseph Aoun a sollicité samedi l’appui de la France pour garantir le maintien d’une présence internationale dans cette région stratégique, régulièrement exposée aux affrontements entre Israël et le Hezbollah. Cette demande a été formulée lors d’un entretien avec le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, en visite de deux jours à Beyrouth.

Au centre des discussions figure l’avenir de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), dont le mandat doit prendre fin le 31 décembre 2026. En août 2025, le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé de mettre un terme à cette mission, sous la pression des États-Unis, principal allié d’Israël. Face à cette échéance, les autorités libanaises cherchent une solution susceptible d’assurer la continuité du dispositif sécuritaire et d’accompagner le redéploiement de leur armée dans le Sud.

Joseph Aoun a réaffirmé la préférence de Beyrouth pour une prolongation du mandat de la FINUL. Toutefois, si cette option n’aboutit pas, le président libanais se dit favorable à un mécanisme alternatif garantissant une présence internationale et limitant les risques d’une confrontation directe entre les armées libanaise et israélienne.

« Si cela s’avère impossible, le Liban accueille favorablement tout arrangement qui assure une présence internationale dans le Sud, empêche un vide et évite de mettre l’armée libanaise en contact direct avec l’armée israélienne », a-t-il déclaré.

Paris entend participer à la recherche d’une solution. Avant le déplacement de Jean-Noël Barrot, le ministère français des Affaires étrangères avait affirmé que la France était prête à jouer pleinement son rôle pour prévenir un vide sécuritaire et soutenir le redéploiement de l’armée libanaise dans le Sud. En juin, la France et l’Italie avaient annoncé leur intention de travailler à la création d’une force multinationale destinée à prendre le relais de la FINUL à l’issue de sa mission.

La concrétisation de cette initiative reste néanmoins tributaire de plusieurs paramètres, notamment la composition de cette force, son mandat et ses capacités opérationnelles. Il s’agira également de définir les conditions de son déploiement dans une région où les positions militaires restent sensibles et où les engagements pris par les différentes parties peinent à être pleinement appliqués.

Israël occupe toujours une bande de territoire dans le sud du Liban à la suite de son dernier affrontement avec le Hezbollah, déclenché en mars par des tirs de roquettes du mouvement chiite, au début de la guerre au Moyen-Orient. Depuis la conclusion d’un accord-cadre en juin, les frappes aériennes israéliennes ont diminué, sans cesser complètement. Le Hezbollah, de son côté, refuse de déposer les armes.

L’accord-cadre prévoit le désarmement du mouvement chiite, le retrait progressif des forces israéliennes des territoires occupés et le déploiement de l’armée libanaise dans la région, en commençant par deux zones pilotes. Mais les divergences sur son application et la poursuite des opérations israéliennes entretiennent l’incertitude quant aux perspectives d’une stabilisation durable.

Samedi, Joseph Aoun a de nouveau accusé Israël de ne pas respecter les dispositions de cet accord. Dans ce climat, Beyrouth cherche à renforcer ses garanties diplomatiques tout en évitant que son armée ne soit exposée à une confrontation directe avec les forces israéliennes. La présence internationale apparaît ainsi, aux yeux des autorités libanaises, comme un moyen de limiter les risques d’escalade et de faciliter le déploiement des forces nationales.

Le président libanais a également annoncé la participation d’une délégation militaire à une réunion prévue mardi à Tampa, en Floride, avec des représentants israéliens et américains. L’objectif de Beyrouth est de présenter ses demandes pour mettre fin à l’escalade israélienne et faire avancer l’application de l’accord-cadre.

Durant sa visite, Jean-Noël Barrot doit rencontrer plusieurs responsables libanais, dont le chef d’état-major des armées, Rodolphe Haykal, le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement, Nabih Berri, allié du Hezbollah. Ces entretiens doivent permettre d’examiner les modalités d’un dispositif international et les conditions nécessaires au renforcement du rôle de l’armée libanaise.

L’enjeu dépasse ainsi la seule question du remplacement de la FINUL. Pour Beyrouth, il s’agit d’éviter que la fin de la mission onusienne ne laisse le sud du pays sans garanties suffisantes face aux risques de reprise des hostilités. La capacité de la France et de ses partenaires à définir un mécanisme crédible pèsera sur les perspectives de stabilisation de cette région, où le retrait israélien, le désarmement du Hezbollah et le déploiement de l’armée libanaise demeurent au cœur des tensions.

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