Trophée des Champions au Koweït : le PSG sacré dans un Classique irrespirable et polémique
Koweït City, 8 janvier 2026 – Le Paris Saint-Germain a ajouté une nouvelle ligne à son palmarès en remportant, ce jeudi, son 14e Trophée des Champions, un record absolu, après une victoire aux tirs au but face à l’Olympique de Marseille (4-1), à l’issue d’un Classique haletant conclu sur un score de 2-2.
Dans l’enceinte du stade Jaber Al-Ahmad International, garnie d’environ 55 000 spectateurs majoritairement locaux, les Parisiens ont dû s’en remettre à leur gardien Lucas Chevalier, décisif lors de la séance en repoussant deux penalties, avant que Désiré Doué ne transforme le tir au but victorieux.
Exceptionnellement délocalisé au Koweït, ce Trophée des Champions s’inscrit dans la stratégie de la Ligue de football professionnel visant à promouvoir la Ligue 1 à l’international. Le pays hôte aurait déboursé près de 3,5 millions d’euros pour accueillir l’événement. Un choix vivement contesté par les supporters français.
Les groupes ultras des deux clubs ont en effet massivement boycotté le déplacement. À Marseille, la délocalisation a été dénoncée comme une trahison des « valeurs du football populaire », illustrée par une banderole déployée au Vélodrome :
« Trophée des Champions 2026 au Koweït. Et pour 2027, sur la Lune ? »
Côté parisien, le club a même annulé son voyage organisé, faute de participants. Résultat : une ambiance inhabituelle, privée de la ferveur électrique qui caractérise habituellement le Classique, malgré l’enthousiasme visible du public local.
Sur le terrain, le PSG démarre fort. Ousmane Dembélé, récent Ballon d’Or, ouvre le score dès la 13e minute d’un lob subtil, profitant d’une erreur défensive marseillaise pour tromper Gerónimo Rulli. Les Parisiens dominent ensuite la première période, mais butent sur un Rulli vigilant, auteur d’un arrêt décisif devant Nuno Mendes, tandis que Chevalier maintient l’avantage parisien face à Emerson et Igor Paixão.
Au retour des vestiaires, l’OM affiche un tout autre visage. Plus agressifs et plus justes, les Marseillais sont récompensés à la 74e minute lorsque Chevalier commet une faute sur Mason Greenwood. L’attaquant anglais se fait justice lui-même et transforme le penalty (1-1).
La rencontre bascule à la 87e minute : un dégagement manqué de Willian Pacho surprend Chevalier et permet à Marseille de prendre l’avantage (2-1), laissant entrevoir un premier trophée pour l’OM depuis 2012. Mais le PSG refuse de céder. Dans la cinquième minute du temps additionnel, Gonçalo Ramos surgit pour égaliser de la tête sur un centre précis de Bradley Barcola, envoyant les deux équipes aux tirs au but.
Lors de la séance décisive, Lucas Chevalier repousse les tentatives de Matt O’Riley et Hamed Traoré, tandis que les Parisiens se montrent intraitables. Victoire 4-1 aux penalties pour le PSG de Luis Enrique.
Ce succès symbolise une nouvelle fois le déséquilibre persistant entre les deux rivaux : Paris empile les trophées avec une régularité presque mécanique, tandis que Marseille, malgré des sursauts prometteurs, échoue encore à conclure. Une finale lucrative pour la LFP, certes, mais qui ravive le malaise autour d’un football de plus en plus déraciné, vendu au plus offrant, au risque d’y perdre une part essentielle de son âme populaire.
