Mercato : la JSK recrute un Mauritanien, où sont les défenseurs algériens ?
L’officialisation de l’arrivée du défenseur international mauritanien Mohamed El Abd pour succéder à Zineddine Belaïd dépasse le simple cadre d’un transfert. Elle remet sur le devant de la scène une question récurrente dans le football algérien : pourquoi les grands clubs continuent-ils de se tourner vers l’étranger pour renforcer leur défense alors que le championnat national dispose de défenseurs expérimentés et de jeunes talents en quête d’opportunités ?
Après avoir levé son interdiction de recrutement, la JS Kabylie a accéléré son mercato en enregistrant les arrivées de Mustapha Djabril Soukkou, Abdellah Bendouma, Toufik Chérifi, Messala Merbah et Badis Bouamama, avant d’officialiser la signature de Mohamed El Abd. Une campagne de recrutement ambitieuse qui traduit la volonté des Canaris de retrouver rapidement leur rang parmi les ténors du championnat et de redevenir un acteur majeur sur la scène africaine.
Le cas de la JSK est d’autant plus symbolique que le club de Tizi Ouzou a longtemps bâti son identité sur la formation et la promotion de joueurs algériens, dont plusieurs sont devenus des internationaux. Aujourd’hui, cette reconstruction sportive s’appuie également sur des renforts étrangers, un choix qui nourrit le débat sur la place des joueurs locaux dans les clubs les plus ambitieux du pays.
La question ne porte évidemment pas sur la nationalité de Mohamed El Abd. Le défenseur mauritanien possède une expérience reconnue, notamment dans les compétitions africaines, et son recrutement répond à une logique sportive. Le véritable débat est ailleurs : les défenseurs algériens ne répondent-ils plus aux exigences des clubs qui visent les titres, ou les dirigeants considèrent-ils désormais que les meilleures garanties se trouvent à l’étranger ?
Les dirigeants de la JSK répondront que seul le niveau sportif guide leurs décisions. C’est un argument recevable. Un club qui vise le titre et une présence durable en compétitions africaines ne peut se permettre de recruter sur le seul critère de la nationalité. Il doit choisir les joueurs qu’il estime les plus aptes à renforcer son effectif.
Cependant, la répétition de ce type de recrutement pose une question plus large : si les clubs les plus prestigieux du pays ne trouvent plus leur bonheur dans le championnat algérien, que dit cela de l’état de la formation, du développement des jeunes défenseurs et de la compétitivité du football national ?
