Son pays d’origine dans la fronde avec la France et l’Angleterre : la Suisse tourne le dos à Infantino
C’est un nouveau coup dur pour Gianni Infantino. Mercredi 30 septembre 2026, l’Association suisse de football (ASF/SFV) a officiellement annoncé retirer son soutien à la candidature du président de la FIFA pour un nouveau mandat, rejoignant ainsi la France, l’Angleterre et plusieurs autres fédérations européennes dans une fronde inédite contre le dirigeant italo-suisse.
Le geste est d’autant plus symbolique que la Suisse est le pays d’origine de Gianni Infantino, né en 1970 à Brigue, dans le canton du Valais, et qu’elle accueille les sièges de la FIFA et de l’UEFA à Zurich. Or, c’est depuis ce même pays que la fédération helvète a claqué la porte, seulement trois mois après avoir apporté son appui au président sortant, en juin 2026.
Dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion de son comité central, l’ASF explique avoir procédé à « une réévaluation approfondie des développements intervenus ces derniers mois ». Elle pointe « des questions fondamentales concernant le leadership, la gouvernance, la transparence et les processus de prise de décision au sein de la FIFA », estimant que les critères de « crédibilité, transparence, responsabilité et fonctionnement efficace des instances statutaires » ne sont plus remplis.
« Nous ne pouvons pas assumer la responsabilité de continuer à le soutenir », a déclaré Peter Knäbel, président de l’ASF, résumant ainsi un désaveu qui dépasse le simple calcul électoral.
Après la Fédération française de football (FFF) et la Football Association (FA) anglaise, ce sont désormais la Suisse, mais aussi l’Italie, la Suède, l’Écosse, la Belgique et d’autres fédérations européennes qui ont retiré ou remis en cause leur soutien au président sortant. L’UEFA, de son côté, cherche activement un candidat alternatif pour affronter Infantino lors de l’élection prévue en 2027.
La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 18 novembre 2026, et l’élection du président de la FIFA aura lieu le 18 mars 2027 à Rabat, lors du Congrès de l’instance. À ce stade, Infantino reste le seul candidat officiellement connu, mais la dynamique semble désormais largement défavorable à une réélection sans opposition sérieuse.
Pour la première fois depuis son arrivée à la tête de la FIFA en 2016, Gianni Infantino se trouve isolé y compris dans son propre pays, là où l’instance qu’il dirige a son siège historique. Un symbole fort, qui illustre l’ampleur de la crise de gouvernance et de légitimité qui secoue aujourd’hui le football mondial.
