Le 28 novembre 2025, les cours du pétrole restent stables, proches de leurs plus bas niveaux depuis un mois, dans un marché marqué par la fermeture des bourses américaines pour Thanksgiving et par des volumes d’échanges réduits. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier s’affiche à 62,89 dollars, enregistrant une légère hausse de 3,75 % sur un mois, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en décembre évolue à 58,84 dollars, en progression de 0,32 %. Malgré ces variations modestes, les deux références restent à leurs niveaux les plus bas depuis un mois et accusent un recul de 13 à 15 % sur un an.
Le marché reste attentif à deux événements majeurs dans les prochains jours : la réunion ministérielle de l’OPEP+ prévue dimanche 30 novembre et la visite à Moscou de l’émissaire américain Steve Witkoff, qui rencontrera Vladimir Poutine pour discuter d’un plan visant à trouver une issue au conflit en Ukraine.
Concernant la réunion de l’OPEP+, l’organisation et ses alliés ont déjà annoncé qu’ils n’augmenteraient pas leurs quotas au premier trimestre 2026, se limitant à réinjecter seulement 137 000 barils par jour en novembre et décembre, une tranche très modeste. Selon Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, « il n’y a donc aucune raison d’anticiper une grande nouvelle dimanche », et l’attention se portera plutôt sur d’éventuels indices concernant le deuxième trimestre 2026 ainsi que sur la révision des capacités de production de huit pays clés : Arabie saoudite, Russie, Irak, Émirats, Koweït, Kazakhstan, Algérie et Oman.
Parallèlement, les perspectives diplomatiques sur l’Ukraine influencent également les prix. Le Kremlin a confirmé la venue prochaine de Steve Witkoff à Moscou pour discuter directement avec Vladimir Poutine d’un plan de paix. Selon des fuites, le document envisagé comprendrait 28 points, incluant notamment le maintien russe sur le Donetsk et un cadre de gouvernance conjoint inspiré de Gaza. Tout progrès concret vers un accord pourrait entraîner un assouplissement des sanctions occidentales sur le pétrole russe, dont le plafond fixé par le G7 à 60 dollars et les exportations russes d’environ 7,5 millions de barils par jour en octobre. Une telle évolution augmenterait mécaniquement l’offre sur un marché déjà anticipé en excédent pour 2026 (+1 à 1,5 million de barils par jour selon les analystes).
Enfin, les stocks américains offrent un soutien limité aux cours. Les dernières données montrent une baisse des stocks de 1,9 million de barils selon l’API mardi soir et de 2,8 millions selon l’EIA mercredi, plaçant le total des réserves américaines à 4 % sous la moyenne saisonnière quinquennale. Cet effet reste toutefois limité face à l’abondance mondiale de pétrole.
À court terme, la fourchette probable pour le Brent se situe entre 60 et 65 dollars le baril, avec des facteurs haussiers circonscrits, tels que la discipline de l’OPEP+ ou un éventuel blocage des négociations ukrainiennes, tandis que la pression baissière domine en raison de l’excédent mondial naissant et du possible retour du brut russe sans restriction. La volatilité du marché pourrait donc s’accroître dès la semaine prochaine, selon les décisions de l’OPEP+ dimanche soir et les résultats de la visite de Steve Witkoff à Moscou.


























