Égypte : Le ministre de l’Éducation renvoyé devant la justice pour désobéissance à un jugement !
Le parquet égyptien a annoncé, mercredi 14 janvier 2026, le renvoi en jugement du ministre de l’Éducation et de l’Enseignement technique, Mohamed Abdellatif, pour non-exécution délibérée d’une décision judiciaire définitive, une procédure rarement engagée contre un membre du gouvernement en fonction..
L’affaire remonte à 2013 et concerne un bâtiment scolaire situé dans le gouvernorat de Minya, en Haute-Égypte, loué par le ministère auprès de propriétaires privés. Les tribunaux égyptiens, incluant le tribunal primaire de Minya et la cour d’appel de Beni Suef, avaient à plusieurs reprises ordonné la restitution du local aux propriétaires après l’expiration du bail. Malgré ces jugements, confirmés par la justice, et malgré des amendes récurrentes imposées au ministère au fil des années, aucune mesure concrète d’évacuation n’a été entreprise, même sous la direction de ministres successifs.
En décembre 2025, une mise en demeure formelle a été adressée personnellement au ministre Abdellatif, nommé à ce poste en juillet 2024, lui enjoignant de respecter la décision de justice. Selon des sources judiciaires, le ministre n’a donné aucune suite à cet avertissement, ce qui a conduit les propriétaires à engager une action pénale contre lui, représentés par l’avocat Amr Abdel Salam. Dans sa plainte, Me Abdel Salam souligne que le refus d’appliquer une décision judiciaire constitue un acte intentionnel susceptible de relever du pénal, indépendamment du fait que le litige prédate largement la nomination actuelle du ministre.
Si le tribunal devait reconnaître la culpabilité de Mohamed Abdellatif, la loi égyptienne prévoit plusieurs sanctions sévères : une peine de prison, la destitution automatique de ses fonctions ministérielles, ainsi que le versement d’un million de livres égyptiennes (environ 21 000 dollars US) aux propriétaires à titre de dommages et intérêts. La première audience de ce procès est fixée au 13 mai 2026 devant le tribunal sommaire de la Nouvelle-Caire (New Cairo Summary Court).
Cette affaire illustre un problème récurrent en Égypte : l’exécution des décisions judiciaires lorsqu’elles impliquent des entités publiques reste complexe et souvent entravée par des lenteurs administratives ou des résistances politiques. Plusieurs experts juridiques estiment que la mise en cause directe d’un ministre en exercice pourrait envoyer un signal fort sur la nécessité de respecter l’État de droit et la hiérarchie des décisions judiciaires.
À ce jour, ni le ministère de l’Éducation ni le gouvernement n’ont publié de communiqué officiel sur l’affaire. Les médias locaux et internationaux, tels que Sky News Arabia, Al-Masry Al-Youm et Cairo24, confirment unanimement ces développements, tout en soulignant qu’aucun report ou rebondissement supplémentaire n’a été annoncé au 15 janvier 2026.
Au-delà de l’affaire elle-même, certains observateurs voient dans ce dossier un symptôme des tensions entre la justice et l’administration publique en Égypte, où l’obligation de se conformer aux décisions judiciaires reste souvent subordonnée à la volonté politique des dirigeants. Le procès de Mohamed Abdellatif sera donc suivi de près, non seulement pour ses conséquences personnelles sur le ministre, mais également pour le message qu’il pourrait transmettre sur la responsabilité et la transparence des institutions étatiques.
