Ukraine : Washington, Kiev et Moscou se retrouvent à Abou Dhabi pour relancer les négociations de sécurité
Des négociateurs américains, ukrainiens et russes se réunissent ce vendredi aux Émirats arabes unis pour des discussions sensibles sur la sécurité, dans une nouvelle tentative diplomatique visant à mettre fin à la guerre en Ukraine, a annoncé le Kremlin. Cette rencontre intervient à la suite d’entretiens prolongés à Moscou entre le président russe Vladimir Poutine et une délégation américaine de haut niveau..
Selon le Kremlin, les discussions menées dans la nuit avec l’envoyé spécial américain Steve Witkoff ont porté sur un plan élaboré par Washington pour ouvrir la voie à un règlement politique du conflit, le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov, a qualifié ces échanges de « constructifs » et « utiles à tous égards ».
À l’issue de cette rencontre, la délégation américaine doit se rendre à Abou Dhabi, où se tiendra la première réunion d’un groupe de travail trilatéral consacré aux questions de sécurité. Une délégation russe, dirigée par le général Igor Kostioukov, chef du service de renseignement militaire (GRU), est également attendue dans les prochaines heures. Les autorités russes ont toutefois précisé que Moscou, tout en se disant favorable à une solution politique et diplomatique, poursuivra ses objectifs militaires sur le terrain.
Du côté américain, Steve Witkoff a laissé entendre que les divergences entre Moscou et Kiev se seraient désormais réduites à un seul point majeur, sans en préciser la nature.
Ces discussions surviennent alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré qu’un projet d’accord était « presque prêt », affirmant s’être entendu avec le président américain Donald Trump sur les garanties de sécurité après-guerre. Il a également indiqué que le Royaume-Uni et la France s’étaient engagés à déployer des forces au sol pour soutenir l’Ukraine.
La délégation ukrainienne aux pourparlers d’Abou Dhabi sera conduite par le secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense, Rustem Umerov, accompagné du chef d’état-major des forces armées ukrainiennes, le lieutenant-général Andriy Gnatov.
Malgré cette dynamique diplomatique, les désaccords de fond persistent. La Russie, qui occupe environ 20 % du territoire ukrainien, exige notamment le contrôle total du Donbass. Kiev rejette toute concession territoriale, estimant qu’elle affaiblirait durablement sa sécurité et encouragerait Moscou à lancer de nouvelles offensives.
Les contours précis des discussions restent flous, et il n’est pas établi que des échanges directs aient lieu entre les délégations russe et ukrainienne. Selon Volodymyr Zelensky, les pourparlers devraient s’étendre sur deux jours.
En parallèle, les tensions restent vives sur le terrain. Les frappes russes récentes ont provoqué d’importantes coupures d’électricité et de chauffage à Kiev, touchant des milliers de civils en pleine vague de froid. Moscou affirme viser les infrastructures énergétiques liées au complexe militaro-industriel ukrainien, tandis que Kiev dénonce des attaques délibérées contre la population civile.
