Crash mortel d’un hélicoptère médical dans le désert libyen : cinq morts près de la base de Matan al-Sarrah

Crash mortel d’un hélicoptère médical dans le désert libyen : cinq morts près de la base de Matan al-Sarrah

Dans la nuit du lundi 9 au mardi 10 février 2026, un hélicoptère militaire engagé dans une mission d’évacuation sanitaire s’est écrasé à l’intérieur même de la base aérienne de Matan al-Sarrah dans la région désertique de Koufra, au sud-est de la Libye. Le bilan, confirmé par plusieurs sources locales et internationales, fait état de cinq morts – aucune personne à bord n’a survécu.

L’appareil, appartenant aux forces armées loyales au maréchal Khalifa Haftar (Armée nationale libyenne – ANL), avait décollé pour une intervention d’urgence : secourir un soldat du bataillon Souboul al-Salam grièvement blessé lors d’un accident de la circulation sur une piste isolée du désert. Après avoir pris en charge le blessé, l’hélicoptère s’est écrasé pendant sa tentative d’atterrissage sur la base

Deux membres de l’unité de transport militaire libyenne,un infirmier (accompagnant médical, issu de l’hôpital de koufra ou rattaché au bataillon),deux ressortissants étrangers, les pilote et co-pilote.

De multiples sources locales et des publications sur les réseaux sociaux (indiquent que ces deux étrangers étaient de nationalité russe. Cette présence n’est pas surprenante : depuis plusieurs années, des pilotes et techniciens russes (liés historiquement au groupe Wagner, aujourd’hui Africa Corps ou à d’autres contrats privés) assurent la maintenance et parfois le pilotage d’aéronefs de l’ANL, en particulier dans les zones reculées du sud où les compétences locales restent limitées pour les opérations de nuit ou sur des appareils russes (Mi-8/Mi-17 fréquemment utilisés pour ce type de mission).

La base de Matan al-Sarrah, située à environ 300 km au sud-est de la ville de Koufra et à une centaine de kilomètres au nord de la frontière tchadienne, est un point stratégique majeur pour les forces de Haftar. Elle surveille les trafics transfrontaliers (armes, carburant, migrants, or du Soudan), sert de plateforme logistique anti-djihadiste et abrite une présence russe discrète (maintenance, drones, conseillers). C’est précisément cette localisation isolée – à plus de 1 500 km de Tripoli – qui rend les évacuations sanitaires aériennes indispensables, mais aussi extrêmement risquées : vents de sable, visibilité nocturne réduite, fatigue des équipages et vétusté potentielle des appareils.

À ce jour, aucune cause officielle n’a été communiquée. Les hypothèses les plus évoquées incluent une erreur de pilotage lors de l’approche finale, des conditions météorologiques dégradées, un problème technique ou une surcharge liée au transport médicalisé. Le commandement militaire de Benghazi observe un silence habituel sur ce type d’incident sensible, et aucune enquête publique n’a été annoncée.

Les familles des victimes – libyennes comme étrangères – attendent toujours des réponses claires. Dans l’immensité du désert du Fezzan, la base de Matan al-Sarrah a repris son rôle discret de poste avancé frontalier, mais le sable a emporté avec lui cinq vies et de nouvelles questions sur la sécurité des opérations dans cette zone instable.

Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *