Allemagne : Friedrich Merz veut faire de la Bundeswehr « l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe »

Allemagne : Friedrich Merz veut faire de la Bundeswehr « l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe »

À Munich, lors de la conférence sur la sécurité, le chancelier allemand Friedrich Merz a réaffirmé son ambition de renforcer massivement la Bundeswehr et de repositionner l’Allemagne comme un acteur incontournable de la défense européenne.

« Nous, en Europe, avons mis fin à de longues vacances loin de l’histoire du monde », a déclaré Merz, citant le philosophe allemand Peter Sloterdijk, pour souligner que le vieux continent ne pouvait plus se contenter d’observer passivement les grands bouleversements internationaux depuis les États-Unis. Selon lui, l’ordre international fondé sur le droit et les règles « est au bord de l’effondrement » face à la guerre en Ukraine, au révisionnisme russe et aux ambitions globales de la Chine.

Merz insiste : reconnaître cette nouvelle réalité ne signifie pas la subir. « Nous ne sommes pas à la merci de ce monde. Nous pouvons le façonner », a-t-il affirmé. Pour autant, l’Allemagne n’entend pas agir seule ni nourrir des fantasmes hégémoniques : « Un leadership fondé sur le partenariat, oui. Des ambitions unilatérales ? Non. Nous agirons toujours avec l’Europe. »

Sur le plan militaire, le chancelier a détaillé un plan ambitieux : « Nous ferons de la Bundeswehr l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe, et ce, le plus rapidement possible. Une armée capable de tenir bon si nécessaire. » Il prévoit d’investir plusieurs centaines de milliards d’euros, de soutenir l’Ukraine, de moderniser l’industrie de défense allemande, et de déployer pour la première fois une brigade hors du territoire national, en Lituanie, pour renforcer le flanc Est de l’OTAN.

Merz a également souligné l’importance d’une approche européenne de la défense : « Le renforcement de l’Europe au sein de l’OTAN est notre priorité absolue. Nous investissons massivement dans une dissuasion crédible. » Il a confirmé avoir entamé des discussions confidentielles avec le président français Emmanuel Macron sur la coordination de la dissuasion nucléaire européenne, en préparation d’un discours français attendu fin février sur la doctrine nationale de sécurité.

Avec ce discours, Friedrich Merz réaffirme sa vision : une Allemagne pleinement consciente de ses responsabilités historiques, capable de peser sur la scène mondiale tout en renforçant la solidarité européenne.

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