L’Iran se dit prêt à des compromis nucléaires sous condition de levée des sanctions
Téhéran a réaffirmé sa disposition à envisager des compromis avec les États-Unis concernant son programme nucléaire, mais à une condition essentielle : un allègement significatif des sanctions américaines qui pèsent sur son économie. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi, a déclaré dans une interview à la BBC dimanche que l’Iran pourrait envisager de réduire son stock d’uranium hautement enrichi si Washington montrait une réelle volonté de négociation.
Ces déclarations interviennent après la reprise, à Oman, des pourparlers sur le nucléaire entre les délégations américaine et iranienne. La Suisse a annoncé la tenue d’un nouveau cycle de discussions à Genève la semaine prochaine, sous l’égide d’Oman. Selon la BBC, Majid Takht-Ravanchi a indiqué que ces pourparlers pourraient se tenir mardi, bien que Téhéran n’ait pas encore confirmé officiellement la date.
Pour l’Iran, la question nucléaire reste avant tout une question de souveraineté et de droit à une filière civile. Le pays nie toute intention de se doter de l’arme nucléaire, contrairement aux inquiétudes persistantes de pays occidentaux et d’Israël, considéré comme la seule puissance nucléaire de la région par de nombreux experts. Le vice-ministre a rappelé que l’offre iranienne de diluer son uranium hautement enrichi afin de réduire le taux d’enrichissement constituait une base possible de compromis, tout en soulignant que la question du « zéro enrichissement » n’est plus à l’ordre du jour.
Interrogé sur la possibilité d’exporter à l’étranger son stock de plus de 400 kg d’uranium hautement enrichi, Majid Takht-Ravanchi a déclaré qu’il était « trop tôt pour dire ce qui se passera au cours des négociations ». Plusieurs pays, dont la Russie, ont proposé de prendre en charge ce stock, offre qui avait été refusée jusqu’ici par Téhéran. La gestion de cet uranium constitue un point de grande incertitude pour les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui l’avaient contrôlé pour la dernière fois le 10 juin, avant les frappes israélo-américaines contre certains sites nucléaires iraniens.
Les tensions se mêlent aux enjeux économiques, les discussions pourraient également inclure la perspective d’investissements américains dans le secteur énergétique iranien, un secteur stratégique pour la République islamique et l’un des piliers de son économie fragilisée par les sanctions.
Alors que l’administration américaine pousse Téhéran à conclure un accord limitant son programme nucléaire, le vice-ministre iranien estime que la balle est désormais dans le camp des États-Unis. « S’ils sont sincères, je suis sûr que nous serons sur la voie d’un accord », a-t-il affirmé, soulignant que toute négociation nécessitait une démarche bilatérale sérieuse et une réciprocité dans les concessions.
