Algérie : fixation du seuil de la zakat à 2,295 millions de dinars pour l’année hégirienne 1448
À l’occasion de l’entrée dans la nouvelle année hégirienne 1448, le ministère des Affaires religieuses et des Wakfs a rendu public le montant du seuil de la zakat applicable pour l’exercice écoulé. Celui-ci est fixé à 2 295 000 dinars, soit 229,5 millions de centimes.
Cette référence correspond au nisab, c’est-à-dire le seuil minimal de richesse à partir duquel la zakat devient obligatoire pour tout musulman disposant d’un patrimoine maintenu pendant une année lunaire complète. Ce mécanisme constitue l’un des fondements du calcul de la zakat dans la jurisprudence islamique.
Selon les précisions du ministère, ce seuil est établi sur la base de l’or, considéré comme valeur de référence. Il correspond à 20 dinars d’or, soit 85 grammes de métal précieux, quantité traditionnellement retenue pour déterminer l’assujettissement à la zakat.
Le calcul repose sur le prix du gramme d’or 18 carats, fixé en début d’année hégirienne par l’Agence nationale pour la conversion et la distribution de l’or et des métaux précieux (AGENOR) à 27 000 dinars le gramme. Ainsi, le seuil est déterminé comme suit :
85 × 27 000 = 2 295 000 dinars.
Le ministère rappelle que la zakat représente 2,5 % de la richesse nette détenue sur une année lunaire, à condition que celle-ci atteigne ou dépasse le seuil fixé. Elle concerne notamment les liquidités, l’épargne, les revenus accumulés, ainsi que les biens commerciaux évaluables en argent.
Le calcul s’effectue sur la base de la valeur réelle des biens au jour du versement. Les contribuables doivent donc procéder à une estimation précise de leurs avoirs afin de déterminer le montant exact de la zakat à acquitter. Celle-ci peut être versée en numéraire ou sous forme de biens, à condition que leur valeur corresponde aux prix du marché au moment du paiement.
Le ministère des Affaires religieuses précise par ailleurs que des mécanismes officiels ont été mis en place afin de faciliter la collecte et la distribution de la zakat. Les fidèles peuvent s’acquitter de cette obligation via les comptes postaux ouverts au niveau du Bureau national des dotations et de la zakat, ou directement auprès des mosquées réparties sur l’ensemble du territoire national.
Ces dispositifs visent à organiser la collecte de manière structurée, à renforcer la traçabilité des fonds et à assurer leur redistribution conformément aux catégories prévues par la charia, notamment les personnes en situation de précarité, les nécessiteux et les autres bénéficiaires éligibles.
Toutefois, la mise en œuvre de ce système met en lumière plusieurs défis. Le premier concerne la mobilisation effective des contributions, dans un contexte où une partie des contribuables continue de privilégier des versements directs et informels, en dehors des circuits officiels, ce qui limite la centralisation des fonds.
Un autre enjeu important porte sur la transparence de la gestion et la traçabilité des flux financiers, indispensables pour renforcer la confiance des donateurs et garantir une utilisation rigoureuse des sommes collectées. La crédibilité du système dépend en grande partie de la clarté des mécanismes de collecte et de redistribution.
S’ajoute également la difficulté liée à l’identification précise des bénéficiaires, la zakat devant être distribuée selon des catégories strictement définies. L’absence ou l’insuffisance de bases de données sociales actualisées peut compliquer le ciblage des personnes réellement éligibles.
Enfin, la réussite du dispositif repose sur la coordination entre les institutions religieuses, les administrations locales et les structures sociales, afin d’assurer une distribution équitable et efficace. Toute faiblesse dans cette chaîne d’exécution peut réduire l’impact social attendu de la zakat.
Ainsi, au-delà de son caractère religieux, la gestion de la zakat s’inscrit dans une logique d’organisation sociale qui exige rigueur, transparence et efficacité afin de garantir pleinement sa fonction solidaire.
