Pétrole : le Brent autour de 81 $, Ormuz en sursis entre accord Iran-Oman et veto américain
Le marché pétrolier reste suspendu aux incertitudes qui pèsent sur le détroit d’Ormuz. Le Brent de la mer du Nord oscille entre 80 et 81 dollars le baril, dans un contexte de forte volatilité et de prudence généralisée des investisseurs. Après avoir brièvement franchi la barre des 90 dollars au pic des tensions géopolitiques entre l’Iran et les États-Unis, les cours ont reflué, mais continuent d’intégrer une importante prime de risque liée à la sécurité de cette voie maritime stratégique, par laquelle transite près d’un cinquième du pétrole mondial.
Les marchés ont accueilli avec circonspection l’annonce par Téhéran d’un accord conclu avec le sultanat d’Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d’Ormuz. Cette initiative laisse entrevoir une possible normalisation du trafic maritime, mais l’Iran précise que la réouverture effective du passage reste conditionnée à un accord avec Washington, qui maintient des restrictions visant notamment les ports iraniens.
Un autre point de friction persiste : la volonté de l’Iran d’imposer des frais de passage aux navires empruntant le détroit. Les États-Unis rejettent cette proposition, qu’ils jugent contraire au droit international et au principe de liberté de navigation. Pour les analystes, ce désaccord rend tout compromis particulièrement fragile et laisse planer le risque d’un nouvel épisode de tensions.
Au-delà des développements diplomatiques, les investisseurs surveillent de près les indicateurs fondamentaux du marché. Les données sur les stocks américains de pétrole brut et de produits raffinés restent un baromètre majeur : une baisse des réserves soutient généralement les prix, tandis qu’une hausse traduit un affaiblissement de la demande ou une offre plus abondante.
Parallèlement, les décisions de l’OPEP+ continuent d’influencer fortement les cours. Une réduction de la production pourrait limiter le recul du Brent, alors qu’une augmentation de l’offre ou un ralentissement de la croissance mondiale exercerait une pression baissière sur les prix.
Selon plusieurs spécialistes, même en cas d’accord temporaire entre l’Iran, Oman et les États-Unis, les risques géopolitiques continueront de peser sur les marchés énergétiques. Les tensions persistantes dans le Golfe obligent plusieurs producteurs à adapter leurs routes d’exportation. Les Émirats arabes unis jouent notamment un rôle essentiel en maintenant un niveau élevé d’exportations grâce à leurs oléoducs reliant directement leurs terminaux au golfe d’Oman, contournant ainsi le détroit d’Ormuz.
Dans le même temps, les États-Unis enregistrent des exportations record de diesel, ce qui a fortement réduit leurs réserves de carburants, désormais proches de leurs plus bas niveaux depuis plusieurs décennies. Cette situation entretient les tensions sur les marchés des produits raffinés et contribue indirectement au maintien des prix du pétrole. Globalement, la logique sous-jacente du commerce mondial du pétrole brut présente une double caractéristique : à court terme, le soutien des Émirats arabes unis à l’offre du Moyen-Orient, à contre-tendance, atténue les anticipations de pénurie extrême et limite le potentiel de hausse des prix du pétrole.
Techniquement, les prix du WTI se sont ajustés pour se rapprocher du niveau de retracement de 50% de la fourchette de négociation précédente, trouvant un soutien important. Cependant, l’absence récente de rebond significatif indique une capacité d’achat insuffisante, suggérant un potentiel de nouveaux plus bas. Ceci implique également une importante liquidation des fonds spéculatifs. Les actualités majeures à venir amplifieront la volatilité en raison d’une augmentation rapide du nombre de participants.
