Bangladesh : l’épidémie de rougeole ruine des milliers de familles, plus de 840 enfants déjà morts

Bangladesh : l’épidémie de rougeole ruine des milliers de familles, plus de 840 enfants déjà morts

L’épidémie de rougeole qui frappe le Bangladesh est devenue bien plus qu’une crise sanitaire. Alors que la maladie a déjà coûté la vie à des centaines d’enfants, elle plonge également des milliers de familles dans une grave précarité financière, les obligeant à s’endetter pour financer les soins de leurs enfants.

Selon la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) et le Croissant-Rouge du Bangladesh, neuf familles touchées sur dix ont dû contracter des emprunts pour faire face aux dépenses liées à l’hospitalisation, aux médicaments, aux transports et aux besoins quotidiens.

Depuis le 15 mars, au moins 844 enfants ont perdu la vie et plus de 112 000 personnes ont été hospitalisées en raison de cette maladie hautement contagieuse, d’après les chiffres du ministère bangladais de la Santé. Il s’agit de l’épidémie de rougeole la plus meurtrière enregistrée dans le pays depuis plusieurs décennies.

Face à l’ampleur de la crise, les organisations humanitaires alertent sur une double catastrophe : sanitaire et économique.

« Les conséquences de cette crise sanitaire ne s’arrêtent pas aux portes de l’hôpital, car les familles sont souvent confrontées à de graves difficultés financières », a déclaré Alberto Bocanegra, chef de la délégation de la FICR à Dhaka.

Il a insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de protection sociale et de maintenir une aide humanitaire importante afin d’éviter que la maladie ne fasse basculer davantage de ménages dans l’extrême pauvreté.

Pour mesurer l’impact de cette crise, la FICR et le Croissant-Rouge du Bangladesh ont interrogé 2 746 familles ayant fait soigner leurs enfants dans 12 hôpitaux publics.

Si les soins médicaux dispensés dans les établissements publics sont officiellement gratuits, les coûts annexes représentent un lourd fardeau pour les ménages les plus modestes.

L’étude révèle que les familles ont dépensé en moyenne plus de 130 dollars pour couvrir les médicaments, le transport, l’alimentation et d’autres dépenses indispensables. Pour un pays où de nombreux travailleurs gagnent seulement entre 48 et 160 dollars par mois, ces frais représentent parfois plusieurs mois de revenus.

Près de 35 % des familles ont déclaré avoir eu besoin d’une aide financière pour acheter des médicaments, tandis que 22 % ont indiqué avoir nécessité une assistance alimentaire afin de subvenir aux besoins de leur foyer pendant l’hospitalisation de leur enfant.

Les familles contraintes de s’endetter constituent l’un des aspects les plus alarmants de cette crise sanitaire. Les témoignages recueillis illustrent l’ampleur des difficultés auxquelles sont confrontés les ménages bangladais. Ainsi, Hazera Khatun, interrogée dans le cadre de l’enquête, raconte avoir dû débourser près de 200 dollars uniquement pour louer une ambulance afin de transporter son enfant jusqu’à un hôpital de Dhaka. Une somme considérable dans un pays où de nombreuses familles ne disposent que de revenus mensuels compris entre 48 et 160 dollars. À cette charge s’ajoutent les dépenses liées aux médicaments, à l’alimentation et à la perte de revenus, de nombreux parents étant contraints d’abandonner temporairement leur travail pour rester au chevet de leurs enfants hospitalisés.

« L’évaluation montre que de nombreuses familles sont confrontées non seulement à une urgence sanitaire, mais aussi à de graves difficultés financières », souligne Kabir M. Ashraf Alam, secrétaire général du Croissant-Rouge du Bangladesh.

La rougeole est l’une des maladies virales les plus contagieuses. Elle se transmet facilement par les gouttelettes respiratoires lors de la toux ou des éternuements.

Si la majorité des patients guérissent, la maladie peut entraîner de graves complications, notamment des infections pulmonaires, un œdème cérébral, des difficultés respiratoires sévères et, dans les cas les plus graves, le décès.

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