Alex Saab plaide coupable aux États-Unis : l’ex-allié de Maduro accepte de coopérer avec la justice

Alex Saab plaide coupable aux États-Unis : l’ex-allié de Maduro accepte de coopérer avec la justice

Ancien ministre vénézuélien, homme d’affaires d’origine colombienne et proche de Nicolas Maduro, Alex Saab a plaidé coupable aux États-Unis dans une affaire de blanchiment d’argent. Dans le cadre d’un accord conclu avec les procureurs fédéraux, il accepte de coopérer avec les enquêteurs américains et de renoncer à 195 millions de dollars. Son témoignage potentiel intervient alors que l’ancien président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse sont détenus à New York dans l’attente de leur procès.

Alex Saab a finalement choisi de reconnaître sa culpabilité devant la justice américaine. L’ancien ministre vénézuélien et proche allié de Nicolas Maduro a plaidé coupable mardi de complot en vue de blanchir des instruments monétaires, selon les documents judiciaires déposés devant un tribunal fédéral de Miami.

Le plaidoyer intervient dans le cadre d’un accord conclu avec les procureurs américains. Saab s’engage notamment à coopérer pleinement avec les autorités fédérales, à fournir les informations dont il dispose et à témoigner lorsque les enquêteurs le lui demanderont. En contrepartie, il espère bénéficier d’une peine réduite par rapport à la sanction maximale encourue.

L’accord prévoit également la confiscation de 195 millions de dollars que Saab accepte de renoncer à titre de produits obtenus criminellement à travers le système de blanchiment d’argent. Le montant définitif de la confiscation et la durée de sa peine seront notamment déterminés en fonction de sa coopération avec les autorités américaines.

Saab reste toutefois exposé à une peine pouvant atteindre vingt années de prison. Le document judiciaire précise qu’il devra fournir des informations « complètes et véridiques » et qu’il ne pourra pas protéger une personne ou une entité en ayant recours à de fausses informations ou à des omissions.

Cette disposition donne une importance particulière à son engagement. Pendant plusieurs années, Saab a évolué au plus près du pouvoir vénézuélien et a été présenté par les autorités américaines comme un intermédiaire central dans les réseaux financiers liés au régime de Nicolas Maduro. Sa connaissance des circuits commerciaux et financiers utilisés par les responsables vénézuéliens pourrait ainsi intéresser les enquêteurs américains.

L’homme d’affaires colombien avait initialement rejeté les accusations portées contre lui. Le 24 juillet dernier, il avait plaidé non coupable devant un juge américain. Il accepte désormais de plaider coupable du seul chef d’accusation retenu dans la procédure, à savoir le complot en vue de blanchir des instruments monétaires.

Le parcours d’Alex Saab est intimement lié à l’histoire récente du pouvoir vénézuélien. Il s’était imposé comme une figure active des affaires sous la présidence d’Hugo Chavez, avant de renforcer considérablement son influence sous Nicolas Maduro.

Les autorités américaines l’ont accusé d’avoir joué le rôle d’intermédiaire financier pour le pouvoir vénézuélien et d’avoir participé à des opérations de blanchiment d’argent. Selon ces accusations, son ascension lui aurait permis d’obtenir la nationalité vénézuélienne ainsi qu’un passeport diplomatique.

Washington l’avait placé sous sanctions en 2019. Un an plus tard, Saab avait été arrêté au Cap-Vert alors qu’il se trouvait en transit. Son arrestation avait déclenché une longue bataille judiciaire autour de son extradition vers les États-Unis.

Il avait finalement été transféré aux États-Unis en 2021 pour y répondre des accusations de blanchiment. Son dossier avait rapidement pris une dimension politique, Caracas dénonçant à l’époque une procédure destinée à faire pression sur le gouvernement de Maduro.

Après plusieurs années de détention et de procédures judiciaires, Saab avait finalement retrouvé la liberté en décembre 2023. Sa libération était intervenue dans le cadre d’un échange de prisonniers négocié entre Washington et Caracas sous la présidence de Joe Biden.

Son retour au Venezuela n’avait pas marqué la fin de son parcours politique. Bien au contraire. En 2024, Nicolas Maduro l’avait nommé ministre de l’Industrie, consacrant ainsi son retour au premier plan au sein de l’appareil d’État.

Cette nomination avait illustré la confiance dont Saab continuait de bénéficier auprès du pouvoir vénézuélien malgré les accusations américaines portées contre lui.

Mais son passage au gouvernement aura été de courte durée. Après le changement politique intervenu en janvier, la présidente par intérim Delcy Rodriguez l’a démis de l’ensemble de ses fonctions gouvernementales.

Rodriguez, qui occupait auparavant le poste de vice-présidente sous Maduro, s’est ensuite rapprochée de l’administration du président américain Donald Trump, alors que Washington renforçait son contrôle sur le Venezuela et exerçait une pression accrue sur les autorités de Caracas.

La nouvelle coopération de Saab avec la justice américaine intervient ainsi dans une période particulièrement sensible pour le Venezuela.

Un témoignage qui pourrait intéresser les enquêteurs américains

L’élément le plus important de l’accord reste cependant l’engagement de Saab à coopérer avec les procureurs américains. Le document judiciaire ne précise pas publiquement, à ce stade, quelles informations il pourrait fournir ni quelles personnes pourraient être concernées par ses déclarations.

Son passé au sein des réseaux économiques et politiques du pouvoir vénézuélien pourrait néanmoins lui donner une connaissance directe de plusieurs mécanismes financiers examinés par les autorités américaines.

Saab s’est explicitement engagé à ne dissimuler aucune information susceptible d’intéresser les enquêteurs. Il devra notamment s’abstenir de fournir de fausses informations ou de protéger une personne ou une organisation par omission.

Cette clause est d’autant plus surveillée que la justice américaine poursuit parallèlement des procédures visant Nicolas Maduro et son entourage.

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