Guinée-Bissau: les électeurs appelés à se prononcer sur un régime présidentiel renforcé, l’opposition dénonce un scrutin sous restrictions

Guinée-Bissau: les électeurs appelés à se prononcer sur un régime présidentiel renforcé, l’opposition dénonce un scrutin sous restrictions

Les électeurs de Guinée-Bissau sont appelés aux urnes dimanche 30 août pour se prononcer sur une réforme constitutionnelle qui prévoit de renforcer considérablement les pouvoirs du président de la République.

À Bissau, les bureaux de vote ont ouvert à 7 heures, heure locale, selon des correspondants de l’AFP. La participation semblait toutefois contrastée dans les premières heures du scrutin. Dans certains quartiers de la capitale, l’affluence était faible, tandis que de fortes pluies tombées à l’aube ont perturbé les déplacements de plusieurs électeurs.

Le dispositif sécuritaire a également été renforcé dans la capitale. Des éléments de la Garde nationale et de la police ont été déployés à plusieurs points stratégiques afin d’assurer le bon déroulement du vote.

Les électeurs doivent répondre par « oui » ou « non » à la question portant sur l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution approuvée par le Conseil national de transition.

Le projet prévoit une transformation profonde du système institutionnel. Le président disposerait notamment du pouvoir de nommer et de révoquer le Premier ministre ainsi que les membres du gouvernement, mais aussi de dissoudre le Parlement.

Les autorités militaires présentent cette réforme comme un moyen de mettre fin aux tensions récurrentes entre la présidence et le gouvernement, qui ont contribué à l’instabilité politique du pays.

Le référendum se déroule cependant dans un climat politique tendu. Plusieurs formations de l’opposition ont appelé au boycott du scrutin, dénonçant des restrictions visant les libertés publiques et les activités politiques.

Le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), principale force historique du pays depuis son indépendance du Portugal en 1974, affirme notamment que ses activités ont été suspendues, que ses sièges ont été fermés et que certains groupes politiques ont été empêchés de participer à la campagne référendaire.

Le pays reste marqué par une longue histoire d’instabilité politique et de coups d’État. L’armée a pris le pouvoir en novembre, quelques jours seulement après une élection présidentielle, en destituant le chef de l’État et en suspendant le processus électoral.

À l’approche du scrutin, le chef du conseil militaire, le général Horta Ntam, a appelé la population à participer « massivement et de manière organisée », présentant le référendum comme une étape importante du processus démocratique.

De son côté, Nelson Moreira, membre du Conseil national de transition, estime que la réforme doit permettre d’éviter les conflits institutionnels entre le chef de l’État et le gouvernement.

Le vote doit se poursuivre jusqu’à 17 heures. Les premiers résultats sont attendus à partir de mardi. Par ailleurs, le ministère de l’Intérieur a annoncé la fermeture des frontières du pays à partir de minuit dimanche et pour toute la journée, officiellement afin de garantir « l’ordre et la sécurité » pendant le référendum.

Au-delà du résultat du scrutin, c’est donc l’avenir du système politique bissau-guinéen qui se joue. Le passage à un régime présidentiel pourrait profondément modifier l’équilibre des pouvoirs dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.

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