Le pétrole bondit de plus de 2 % après la reprise des hostilités entre Washington et Téhéran
Les cours du pétrole ont fortement progressé en ce début de semaine, soutenus par la reprise des hostilités militaires entre les États-Unis et l’Iran, qui ravive les craintes d’une perturbation de l’approvisionnement mondial en brut, alors que le conflit entre dans son sixième mois.
Vers 16h12 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord avançait de 2,17 dollars, soit 2,46 %, à 90,27 dollars. Le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, progressait pour sa part de 2,06 dollars, soit 2,47 %, à 85,46 dollars.Au cours de la séance, le Brent a même atteint 91,52 dollars le baril, son niveau le plus élevé depuis le 25 août.
La hausse des prix intervient après de nouveaux échanges de frappes entre les deux pays. Les forces américaines ont notamment ciblé deux lanceurs iraniens sur l’île de Larak, située dans le détroit d’Ormuz.
En réaction, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) aurait affirmé avoir mené des attaques contre deux bases aériennes américaines en Jordanie, selon plusieurs médias.
Le président américain Donald Trump a promis une riposte ferme. « Nous allons les frapper fort », aurait-il déclaré à Fox News, ajoutant qu’« il y aura une riposte ».
Cette nouvelle confrontation militaire intervient alors que les marchés pétroliers restent particulièrement sensibles à toute menace pesant sur les flux énergétiques du Golfe.
La principale source d’incertitude demeure le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transitait avant le début de la guerre près d’un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole.
Des médiateurs tentent toujours de parvenir à un accord permettant de rétablir une circulation normale dans ce corridor maritime. Mais les négociations restent bloquées.
Les données relatives au trafic maritime montrent par ailleurs une nette diminution du nombre de navires commerciaux empruntant le détroit. Seulement cinq navires par jour y étaient visibles au cours du week-end.
Selon les analystes de Gelber & Associates, certains volumes de pétrole continuent toutefois de passer par le détroit, ce qui limite pour l’instant l’envolée des cours. La reprise des affrontements militaires a néanmoins contraint les opérateurs à intégrer à nouveau une prime de risque importante liée à l’approvisionnement à court terme.
Les tensions géopolitiques interviennent également dans un contexte de baisse des stocks américains. La semaine dernière, les réserves de pétrole brut de la Réserve stratégique américaine ont diminué d’environ 3,1 millions de barils, pour atteindre 286,6 millions de barils.
Il s’agit d’un niveau particulièrement bas pour cette réserve stratégique, dont les stocks se situent désormais près de leur plus faible niveau depuis 44 ans.
Pour tenter de réduire les inquiétudes concernant l’approvisionnement, Donald Trump a indiqué que le pétrole obtenu dans le cadre d’un accord avec le Venezuela serait utilisé pour reconstituer la réserve stratégique américaine.
Cette perspective pourrait contribuer à limiter la pression haussière sur les marchés, même si les opérateurs restent focalisés sur l’évolution des combats au Moyen-Orient et sur la situation dans le détroit d’Ormuz.
