Trump à l’ONU : un accord avec l’Iran ou la menace de « l’envoyer en enfer »
Devant l’Assemblée générale de l’ONU, Donald Trump a de nouveau placé l’Iran au cœur de son discours, oscillant entre la perspective d’un accord avec Téhéran et la menace d’une escalade militaire. Le président américain estime qu’un règlement pourrait intervenir après les élections de mi-mandat de novembre, alors que des ouvertures diplomatiques iraniennes sont également évoquées à New York.
Donald Trump a choisi l’Assemblée générale des Nations unies pour adresser à l’Iran un message mêlant pression maximale et ouverture à une issue diplomatique. Devant les dirigeants réunis à New York, le président américain a affirmé qu’il faisait face à un « grand choix » : parvenir à un accord avec Téhéran ou poursuivre la confrontation jusqu’à la destruction du régime iranien.
« Dois-je les envoyer en enfer », a lancé Trump, en évoquant la possibilité d’une nouvelle escalade si aucun accord n’était trouvé. Dans le même discours, il a toutefois assuré croire à la conclusion d’un accord avec l’Iran, estimant que celui-ci pourrait intervenir après les élections de mi-mandat américaines prévues en novembre.
Le président américain a également défendu sa politique à l’égard du programme nucléaire iranien. Il a rappelé son engagement à empêcher Téhéran d’acquérir l’arme nucléaire et a présenté les opérations militaires américaines comme ayant neutralisé les capacités nucléaires iraniennes. Reuters rapporte que Trump a parallèlement appelé les autres pays à renforcer la pression économique sur Téhéran.
Dans son intervention, Trump a aussi mis en avant la question des missiles iraniens. Il a affirmé que Téhéran travaillait sur des capacités permettant d’atteindre l’Europe et a appelé les pays européens à prendre en compte cette menace. Ces affirmations s’inscrivent dans l’argumentaire américain visant à associer le dossier nucléaire aux capacités balistiques de l’Iran.
Le discours intervient alors que les canaux diplomatiques ne sont pas totalement fermés. Selon Reuters, Washington et Téhéran donnent des signes laissant entrevoir la possibilité d’un règlement, tandis qu’un responsable iranien a indiqué que son pays pourrait rouvrir le détroit d’Ormuz dans les prochains jours si les États-Unis réduisaient leur pression militaire et levaient leur blocus des ports iraniens.
Washington s’est également déclaré ouvert à des discussions avec des responsables iraniens en marge de l’Assemblée générale. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a confirmé que les États-Unis étaient disposés à rencontrer une délégation iranienne à New York. De son côté, Téhéran aurait donné à sa délégation les pouvoirs nécessaires pour relancer les discussions diplomatiques.
Une rencontre directe entre Donald Trump et son homologue iranien Massoud Pezeshkian ne semble toutefois pas à l’ordre du jour. Des responsables iraniens ont exclu cette possibilité tout en laissant entendre que des progrès vers un accord restaient envisageables. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a pour sa part insisté sur le fait que la diplomatie ne devait pas être assimilée à une capitulation.
Les Gardiens de la révolution ont également maintenu une position à deux volets. Ils ont affirmé être disposés à négocier si les intérêts nationaux l’exigent, tout en avertissant qu’une nouvelle attaque américaine ou israélienne provoquerait des représailles sur plusieurs fronts. Cette position illustre la coexistence, à Téhéran, d’un discours d’ouverture diplomatique et de menaces de riposte militaire.
Le calendrier politique américain pèse également sur les perspectives de négociation. Trump a lui-même lié la conclusion éventuelle d’un accord à l’issue des élections de mi-mandat du 3 novembre, affirmant que Téhéran attendrait de connaître le résultat du scrutin avant d’avancer.
La séquence diplomatique reste donc particulièrement incertaine. D’un côté, Washington maintient une forte pression sur Téhéran et Trump continue de brandir la menace d’une destruction du régime iranien en cas d’échec des négociations. De l’autre, les deux camps laissent apparaître des canaux de discussion, alors que la question du détroit d’Ormuz ajoute une dimension stratégique et économique aux tractations.
