Melania Trump tente d’ouvrir une brèche entre Moscou et Kiev : « L’humanité plutôt que la guerre »
La Première dame américaine, Melania Trump, a reçu jeudi à la Maison-Blanche des représentants russes et ukrainiens, les exhortant à privilégier « l’humanité plutôt que la guerre », à quelques jours d’une nouvelle série de discussions diplomatiques destinées à mettre fin au conflit entre Moscou et Kiev. Une rencontre inhabituelle, organisée dans le sillage d’un cessez-le-feu temporaire qu’elle affirme avoir contribué à négocier, alors que l’administration de Donald Trump intensifie ses démarches pour rapprocher les deux camps.
Parmi les responsables présents figurait Kirill Dmitriev, envoyé spécial du président russe Vladimir Poutine, qui a ainsi participé à un rare échange en personne avec des représentants ukrainiens à Washington. Le député ukrainien David Arakhamia et Dmytro Lubinets, médiateur des droits de l’homme, ont également pris part à cette rencontre, organisée autour de la trêve de six jours conclue dans la ville d’Oleshky, sous contrôle russe. Cet accord, auquel Melania Trump dit avoir été associée, a toutefois expiré dimanche, sans déboucher sur un règlement durable.
« Nous avons choisi l’humanité plutôt que la guerre », a déclaré la Première dame américaine, appelant les deux délégations à faire preuve du même courage pour dépasser leurs divergences. « Nous devons faire preuve du même courage qu’à Oleshky pour trouver un terrain d’entente grâce à notre préoccupation commune pour la souffrance des innocents », a-t-elle ajouté.
Melania Trump a affirmé avoir été impliquée à chaque étape de la préparation de cette trêve, allant jusqu’à examiner des images aériennes et à évaluer l’état des routes ainsi que les conditions d’accès aux hôpitaux. Une implication saluée par Donald Trump, qui avait déclaré en octobre que son épouse faisait « mieux que nos professionnels ».
La rencontre intervient surtout à l’approche d’une réunion trilatérale réunissant des représentants américains, russes et ukrainiens, annoncée pour les 10 et 11 novembre à Abou Dhabi. Kirill Dmitriev devait également profiter de son déplacement à Washington pour s’entretenir avec des responsables de l’administration américaine, selon deux sources proches de ses projets.
Les échanges ont également pris une dimension symbolique. L’émissaire russe a remis à Melania Trump un dessin réalisé par une fillette d’Oleshky, représentant des cœurs roses et accompagné de la phrase « J’aime Melania ». Dmitriev a expliqué que l’enfant avait choisi de vivre avec sa famille en Russie, une référence particulièrement sensible au dossier des enfants ukrainiens déplacés sur le territoire russe. De leur côté, les représentants ukrainiens ont remis à la Première dame une distinction d’État saluant son engagement en faveur de leur population et du retour des enfants ukrainiens auprès de leurs familles.
Melania Trump a, pour sa part, transmis aux deux délégations des lettres destinées à Vladimir Poutine et au président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Cette séquence diplomatique intervient dans un contexte politique compliqué pour Donald Trump. Les élections de mi-mandat de mardi ont permis aux démocrates de reprendre le contrôle du Congrès, un revers pour le président républicain qui pourrait peser sur sa politique étrangère à partir de janvier. La nouvelle majorité démocrate devrait notamment réclamer un soutien renforcé à l’Ukraine et contester certaines décisions de l’administration concernant Moscou, notamment un accord sur le diesel avec la Russie et l’assouplissement de certaines sanctions.
Ces dernières semaines, Donald Trump a multiplié les critiques à l’égard de Volodymyr Zelensky, tandis que le Kremlin a fait savoir qu’il souhaitait voir le président américain poursuivre ses efforts de médiation malgré le revers électoral des républicains.
Moscou prépare également une éventuelle rencontre entre Vladimir Poutine, Donald Trump et le président chinois Xi Jinping, en marge du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC), prévu les 18 et 19 novembre à Shenzhen, en Chine.
Dans cette configuration, la rencontre organisée par Melania Trump constitue une nouvelle tentative de maintenir un canal de communication entre les deux camps, alors que les initiatives diplomatiques américaines se heurtent toujours à des divergences profondes sur les conditions d’un règlement. Les discussions d’Abou Dhabi devront notamment permettre de mesurer si les gestes symboliques et les contacts directs peuvent déboucher sur des avancées concrètes.
