Arabie saoudite : les Houthis revendiquent des attaques contre la plus grande raffinerie du royaume et le ministère de la Défense

Arabie saoudite : les Houthis revendiquent des attaques contre la plus grande raffinerie du royaume et le ministère de la Défense

Les Houthis ont revendiqué mardi de nouvelles attaques contre l’Arabie saoudite, visant notamment la raffinerie pétrolière de Ras Tanoura, dans l’est du royaume, et le ministère de la Défense à Riyad. Cette escalade intervient au lendemain d’une visite du ministre saoudien de la Défense à Téhéran, sur fond de rapprochement diplomatique régional et de craintes d’un embrasement plus large au Moyen-Orient.

Le mouvement yéménite, soutenu par l’Iran, a affirmé avoir frappé Ras Tanoura à l’aide d’un missile balistique, provoquant d’importants incendies. La société britannique de sécurité maritime Vanguard Tech a fait état d’un incendie à proximité du site, précisant que celui-ci aurait été maîtrisé. L’ampleur des dégâts n’était toutefois pas encore connue.
Les Houthis ont également revendiqué des tirs de missiles contre le ministère saoudien de la Défense, à Riyad, ainsi que contre deux avions de combat dans le sud du royaume. Dans la capitale, des explosions ont été entendues par des journalistes de l’AFP, tandis que des alertes téléphoniques invitaient les habitants à se mettre à l’abri. Les autorités saoudiennes ont annoncé avoir intercepté et détruit des missiles, dont les débris ont endommagé un immeuble, un chantier de construction et un véhicule.

La raffinerie de Ras Tanoura, exploitée par le géant pétrolier Aramco, constitue une infrastructure essentielle pour le secteur énergétique saoudien. Déjà visée au début du conflit régional déclenché par les frappes américano-israéliennes contre l’Iran, elle se retrouve de nouveau au cœur des hostilités. Une attaque contre ce type d’installation fait peser des risques sur les capacités énergétiques du premier exportateur mondial de pétrole brut, dans une région où les tensions militaires menacent également les voies maritimes stratégiques.

Depuis la reprise des combats au Yémen en juillet, après quatre années d’accalmie, les Houthis ont considérablement intensifié leur offensive contre le royaume. Leur progression sur le littoral yéménite de la mer Rouge, en septembre, a renforcé leur emprise sur les abords du détroit de Bab el-Mandeb, passage stratégique pour le commerce entre l’Europe et l’Asie via le canal de Suez. Depuis le début du mois d’octobre, les attaques contre l’Arabie saoudite se sont multipliées.

Face à cette pression militaire, Riyad cherche à mobiliser des soutiens régionaux et internationaux. L’Égypte a ainsi donné son feu vert, lundi, à des mesures destinées à soutenir le royaume, à la demande du président Abdel Fattah al-Sissi. Le contenu de cette assistance n’a pas été précisé, le chef de l’État égyptien ayant assuré qu’elle serait exclusivement défensive.

Cette décision a provoqué la colère des Houthis. Mohammed Ali al-Houthi, membre de leur bureau politique, a accusé Le Caire de déclarer la guerre au Yémen et de rendre un « immense service » à Israël. Il a également rejeté les initiatives régionales présentées comme des efforts de paix, affirmant que son mouvement ne craignait aucune alliance.

Dans le même temps, une réunion organisée lundi à Téhéran a rassemblé des responsables iraniens, saoudiens, pakistanais et turcs, alors que les acteurs régionaux tentent de contenir l’escalade. La présence du ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, frère du prince héritier Mohammed ben Salmane, revêt une importance particulière : il s’agissait de sa première visite en Iran depuis la fin février. Riyad a présenté ce déplacement comme une démarche destinée à favoriser la désescalade.

Mais les initiatives diplomatiques peinent à enrayer la dynamique militaire. L’Arabie saoudite redoute une reprise d’une guerre à grande échelle, alors que les États-Unis et Israël multiplient les menaces contre Téhéran et que les Houthis poursuivent leurs opérations.

Sur le terrain yéménite, les affrontements se sont également intensifiés. Selon des sources militaires des deux camps, une centaine de combattants ont été tués dans de nouveaux combats dans le sud-ouest du pays, dont 63 du côté houthi et 34 parmi les forces gouvernementales. Les Houthis affirment, de leur côté, que l’Arabie saoudite a mené 81 frappes au cours des dernières 24 heures. Ces combats sont les plus meurtriers depuis l’offensive éclair menée par les forces pro-iraniennes en septembre.

L’extension des attaques aux infrastructures pétrolières et aux institutions militaires saoudiennes souligne ainsi le risque d’un élargissement du conflit, alors que les efforts diplomatiques se heurtent à une escalade dont les conséquences pourraient dépasser les frontières du Yémen.

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