La bande du palais d’El-Mouradia et la mentalité de siège : narcissisme collectif et projection sur le Maroc

La bande du palais d’El-Mouradia et la mentalité de siège : narcissisme collectif et projection sur le Maroc

La bande du palais d’El-Mouradia, qui gouverne par la force sur le cou des citoyens et contrôle les richesses du pays, souffre d’un narcissisme collectif du point de vue psychologique. Il s’agit de la conviction du groupe des généraux qu’ils forment une poignée unique en son genre et extraordinairement grande, mais qu’en même temps, ils ressentent que les autres ne reconnaissent pas leur grandeur comme il se doit, qu’ils les méprisent, se moquent d’eux et rient d’eux. Cette catégorie de personnes devient alors extrêmement sensible à la critique et aux remarques, interprétant tout désaccord ou critique comme une attaque illégitime ou une conspiration cosmique contre elle et contre ses succès imaginaires…

Et d’un point de vue psycho-social plus profond, la bande souffre également d’une mentalité de siège, état psychique collectif dans lequel le groupe des généraux se sent constamment entouré d’ennemis tapis à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Cette sensation rend le discours public basé sur le doute et l’interprétation des échecs internes comme le résultat de « complots extérieurs » au lieu de les affronter en tant que lacunes internes, échecs de gestion et résolution des problèmes et obstacles. On exagère certains événements historiques (surtout les prétendues héroïsmes des martyrs) et on les transforme en source unique de légitimité, au point que toute critique du présent est considérée comme une trahison envers l’histoire des martyrs et non comme une tentative de réformer le pays et de changer le mal.
Ce qui est refusé intérieurement (échec, stagnation, pauvreté, sida, épidémies, famine) est projeté sur l’extérieur, en particulier sur le Maroc, pays qui nous devance de plusieurs années-lumière. Ainsi, l’autre (le voisin) devient « la cause de tous les problèmes » que subit le simple citoyen algérien, jusqu’aux chutes de pluie et aux inondations, qui seraient l’œuvre du Maroc et dont il serait responsable. Cela soulage l’âme algérienne opprimée et satisfait la rancune et la jalousie qui résident dans nos cœurs envers quiconque réussit et est heureux dans sa vie, mais en réalité cela nous empêche de nous développer et de suivre le rythme sur le long terme…

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