Pétrole : les marchés soulagés par les pourparlers américano-iraniens, mais la tendance hebdomadaire bascule dans le rouge

Pétrole : les marchés soulagés par les pourparlers américano-iraniens, mais la tendance hebdomadaire bascule dans le rouge

Les prix du pétrole ont enregistré une légère hausse ce vendredi 6 février 2026, portés par des signaux diplomatiques jugés encourageants entre les États-Unis et l’Iran. Cette embellie reste toutefois insuffisante pour inverser la dynamique de la semaine, marquée par les premières pertes hebdomadaires depuis la mi-décembre 2025, après une longue phase de progression des cours.

Dans les échanges de la mi-journée, le Brent pour livraison en avril progressait de 1 % à 68,15 dollars le baril, tandis que le WTI américain gagnait 0,9 % à 63,85 dollars. Malgré ce rebond technique, les deux références se dirigeaient vers des reculs hebdomadaires respectifs de 3,4 % pour le Brent et 2 % pour le WTI, traduisant un changement sensible du sentiment des investisseurs.

Cette réaction positive s’explique principalement par les déclarations du ministre iranien des Affaires étrangères, Seyed Abbas Araghchi, qui a qualifié de « bon début » les discussions engagées à Oman avec des responsables américains. Ces pourparlers, les premiers de cette ampleur depuis plusieurs mois, interviennent dans un contexte de fortes tensions militaires au Moyen-Orient, marqué notamment par le déploiement de forces navales américaines dans la région.

Selon Araghchi, les échanges se sont déroulés dans un climat « positif et prometteur », tout en restant strictement limités au dossier nucléaire. L’Iran a en effet rejeté toute discussion portant sur son programme balistique, recentrant le dialogue sur les sanctions et les engagements internationaux.

Sur les marchés, ces signaux ont été interprétés comme un facteur de détente géopolitique, incitant les opérateurs à réduire la prime de risque intégrée dans les prix du brut. L’espoir d’un apaisement entre Téhéran et Washington diminue la probabilité d’un choc d’offre majeur dans une région stratégique, notamment autour du détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial.

Mais derrière ce soulagement ponctuel se cache une réalité plus structurelle. En cas d’accord durable, les marchés devraient rapidement se focaliser sur l’équilibre entre l’offre et la demande, avec la perspective d’un excédent de production. « Sans catalyseur fort, les prix pourraient manquer de soutien », estime Nikos Tzabouras, analyste chez Tradu.com, tout en rappelant que les tensions persistantes dans les principales zones maritimes laissent planer un risque permanent de perturbation.

Par ailleurs, la semaine est surtout marquée par un mouvement de prises de bénéfices, après six semaines consécutives de hausse. Les cours avaient été soutenus par des facteurs exceptionnels : intempéries aux États-Unis ayant perturbé la production, arrêts temporaires au Kazakhstan et craintes d’embrasement régional. Autant d’éléments qui ont désormais été intégrés dans les prix.

Enfin, la pression s’est accentuée avec le renforcement du dollar, qui enregistre sa meilleure performance depuis près d’un mois. La perspective d’une politique monétaire américaine plus restrictive, dans le sillage de la nomination pressentie de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale, pénalise l’ensemble des matières premières libellées en dollars, dont le pétrole.

Au total, le marché pétrolier entre dans une phase d’incertitude maîtrisée, tiraillé entre détente diplomatique, risques géopolitiques latents et signaux macroéconomiques défavorables. Une configuration propice à une volatilité durable, où chaque déclaration politique peut désormais peser autant qu’un choc d’offre réel.

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