Le régime des généraux exhorte les citoyens à constituer des réserves de vivres et de nourriture en prévision d’une guerre acharnée à venir
En plein mois de Ramadan 2026, commencé le 19 février en Algérie, le citoyen ordinaire subit un calvaire quotidien qui rend le jeûne presque insoutenable. Files interminables pour un pain subventionné rationné à la portion congrue, pénuries chroniques de lait souvent frelaté, de semoule, d’huile ou de bonbonnes de gaz butane épuisées, coupures récurrentes d’électricité et d’eau potable dans de nombreuses wilayas : ces scènes de chaos ordinaire, rapportées sans relâche par les habitants, trahissent une précarité structurelle qui frappe même les produits les plus basiques.
Le 22 février 2026, Saïd Sayoud, ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, a réuni par visioconférence les walis, chefs de daïras et directeurs exécutifs. Les autorités ont insisté sur la disponibilité des produits de large consommation, le durcissement des contrôles anti-spéculation, le fonctionnement des transports publics, la propreté des villes et l’anticipation des coupures d’eau, d’électricité ou de gaz. Officiellement, rien n’évoque un appel à stocker des vivres en vue d’un conflit ; le discours reste centré sur la sérénité et la stabilité promise pour ce mois sacré.
Le président Abdelmadjid Tebboune et le Premier ministre Sifi Ghrieb multiplient les déclarations triomphales : importations massives de viande rouge et ovine, poulet subventionné à 330 dinars le kilogramme par l’Office national de l’alimentation de base, légumes, fruits, lait et semoule en abondance supposée, plafonnement des marges, marchés de proximité et campagne nationale contre le gaspillage – ce gaspillage qui voit des tonnes de pain finir aux ordures alors que les queues s’allongent. Un comité interministériel veille, des injections de produits à prix encadrés sont annoncées pour soulager le pouvoir d’achat.
Pourtant, la réalité sur le terrain contredit ces assurances avec une brutalité cinglante. Une clique dirigeante (la bande des généraux) – pousse le pays vers des aventures militaires suicidaires. Les tensions régionales restent explosives : négociations sur le Sahara occidental tenues les 8-9 février 2026 à l’ambassade américaine de Madrid (Maroc, Algérie, Mauritanie, Front Polisario), puis les 23-24 février à Washington sous égide de Massad Boulos, émissaire de Donald Trump ; reconnaissance française de la souveraineté marocaine depuis 2024, position espagnole alignée depuis 2022 ; relance prudente de la coopération sécuritaire algéro-française avec la visite du ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez à Alger les 16-17 février pour rencontrer Sayoud. Ces développements, combinés aux achats d’armements russes (notamment des Su-57), nourrissent une surenchère militaire au Maghreb qui fait craindre le pire.
Le verdict est sans appel : un pays qui importe massivement ses céréales, son huile, son sucre et une grande partie de ses aliments de base (d’Asie et d’Europe), dont le pétrole et le gaz brut sont jugés de qualité trop médiocre même pour l’industrie, et dont les hôpitaux manquent déjà cruellement d’oxygène médical, d’antibiotiques et de matériel vital en temps de paix, ne pourrait survivre aux ravages d’une guerre. Toute escalade contre un pays voisin ou une grande puissance précipiterait le chaos, une balkanisation en micro-entités rivales et un retour déguisé à une domination étrangère, effaçant tragiquement l’héritage de l’indépendance arrachée en 1962.
Ce constat rageur cristallise un fossé béant : d’un côté, les proclamations officielles d’un Ramadan serein, abondant et stable ; de l’autre, une population épuisée par l’inflation rampante, les pénuries artificielles ou perçues, la bureaucratie étouffante et l’ombre menaçante d’une instabilité géopolitique régionale. Pour des millions d’Algériens, ce mois de jeûne 2026 reste avant tout synonyme de faim, de files d’attente interminables et d’une colère sourde qui menace d’exploser.
