Crise au sommet du Louvre : Laurence des Cars présente sa démission après le casse des Joyaux
Un séisme institutionnel frappe le plus grand musée du monde. La présidente du Musée du Louvre, Laurence des Cars, a officiellement présenté sa démission, acceptée mardi par le président français Emmanuel Macron, mettant ainsi un terme à un mandat fragilisé depuis le spectaculaire vol des joyaux de la couronne survenu le 19 octobre 2025.
Dans un communiqué, l’Élysée a salué un « acte de responsabilité » dans un contexte où l’institution culturelle traverse une zone de fortes turbulences. Le chef de l’État a estimé que le musée avait besoin « d’apaisement » et d’« une nouvelle impulsion » afin de mener à bien ses vastes projets de sécurisation, de modernisation et le controversé programme Louvre – Nouvelle Renaissance.
Nommée à la tête de l’établissement en 2021, après avoir dirigé le Musée d’Orsay, Laurence des Cars voyait son mandat courir jusqu’à fin 2026. Mais le braquage en plein jour ayant permis à un commando de s’emparer de huit bijoux historiques, pour un butin estimé à 88 millions d’euros, a profondément ébranlé sa position. L’affaire a surtout révélé d’importantes failles dans les dispositifs de sécurité du musée.
Si la présidente avait initialement défendu son bilan, la publication successive de rapports alarmants – notamment celui de la Cour des comptes – a considérablement affaibli sa crédibilité. L’institution de contrôle a notamment dénoncé une « sous-estimation chronique » des risques de vol et un arbitrage budgétaire jugé défavorable à la sécurité au profit d’opérations jugées plus visibles.
Au lendemain du cambriolage, la ministre de la Culture Rachida Dati avait refusé une première tentative de démission, tout en ordonnant une enquête administrative dont les conclusions ont confirmé les défaillances structurelles du musée.
Depuis, une série de revers est venue accentuer la crise : fermeture d’une galerie pour raisons de sécurité, conflit social inédit impliquant près de 2 300 agents, et critiques internes sur la gouvernance. Autant d’éléments ayant progressivement isolé la dirigeante au sein même de l’établissement.
Dans un message adressé aux équipes, Laurence des Cars a reconnu que le vol avait brutalement mis en lumière une réalité qu’elle affirmait dénoncer depuis sa prise de fonctions : « Le Louvre a beau être le plus grand musée du monde, il n’en est pas moins fragile ».
Malgré ce départ, Emmanuel Macron a annoncé vouloir confier à l’historienne de l’art une mission portant sur le renforcement de la coopération entre les grands musées des pays du G7 — signe que sa mise à l’écart n’équivaut pas à une disgrâce totale.
Le départ de Laurence des Cars ouvre désormais un nouveau chapitre pour le Musée du Louvre, appelé à repenser en profondeur sa gouvernance et ses priorités, à l’heure où sa sécurité et sa crédibilité sont plus que jamais en jeu.
