Comment le régime des généraux a plongé l’Algérie dans un isolement diplomatique étouffant et l’a exposée à un effondrement économique imminent
Le régime des généraux corrompus traverse en Algérie l’une des périodes les plus critiques depuis des décennies. Tandis que la machine médiatique officielle s’échine à dresser le portrait d’une puissance invincible, les réalités du terrain dévoilent un tableau radicalement opposé : une isolation internationale asphyxiante, une économie chancelante au bord du précipice malgré la flambée des cours du pétrole, et une colère populaire qui couve sous le poids des files d’attente interminables et des pénuries aiguës de biens de première nécessité.
La politique étrangère de notre pays, fondée sur les valises noires et l’achat de consciences, a perdu ses heures de gloire. Elle s’enfonce désormais dans un labyrinthe d’improvisations qui lui fait perdre, les uns après les autres, ses alliés traditionnels. Des analystes lucides soulignent que l’obstination des vieillards du palais présidentiel d’El-Mouradia à défendre des agendas qui servent davantage la survie du régime que les intérêts nationaux a creusé un fossé abyssal avec le voisinage maghrébin et les puissances internationales. Cette mise à l’écart n’a rien d’accidentel : elle découle d’une stratégie délibérée des sièges vides et d’une hostilité injustifiée envers les initiatives de développement dans la région et au Maghreb. Résultat, notre diplomatie, entachée de soupçons, apparaît en état de marginalisation chronique, reléguée loin des véritables centres de décision planétaires.
Sur le front intérieur, le débat sur la crise économique n’est plus une simple prédiction alarmiste : il est devenu une réalité quotidienne, palpable dans chaque ruelle et chaque recoin du territoire national. Les files d’attente, les coupures répétées d’eau, d’électricité et d’internet constituent désormais la marque la plus visible d’un quotidien misérable. Ce spectacle reflète un échec cuisant dans la gestion de la sécurité alimentaire et de l’ensemble des politiques publiques. Impossible, en effet, de dissocier cet effondrement économique de la gangrène de la corruption qui ronge les arcanes de l’État, en particulier les secteurs placés sous la coupe de l’institution militaire où règne la mainmise des généraux. Les marchés publics et les grands projets se sont mués en véritables rentes captées par les généraux et leurs affidés, dans une absence totale de contrôle et de transparence – comme le dit le proverbe oriental : « hamiha haramiha », son protecteur est son voleur.
La primauté accordée à la logique militaire répressive sur toute planification civile et développementale a paralysé la machine productive et réduit l’Algérie à un vaste marché de consommation totalement dépendant des revenus des hydrocarbures. La part du lion de ces recettes finance la course effrénée à l’armement et l’achat de loyautés, au lieu d’être investie dans les infrastructures, l’éducation ou la santé. Les indicateurs actuels sont sans appel : la politique d’échappatoire vers l’avant du régime ne fonctionne plus. Le peuple dupé, confronté à la hausse vertigineuse du coût de la vie et à la rareté des produits essentiels, se retrouve face à un pouvoir impuissant à proposer des solutions concrètes, trop occupé à régler ses comptes internes, à museler les voix dissidentes et à verrouiller les fondations de son règne pour lui-même et sa descendance impure.
La question lancinante demeure : ces crises accumulées finiront-elles par exploser en une révolution populaire massive contre l’injustice et la tyrannie ? Ou les vieillards des généraux continueront-ils à miser sur la prétendue lâcheté du peuple, à acheter du temps avec des palliatifs économiques, des victoires illusoires et des mensonges à l’histoire, aux morts comme aux vivants – des mensonges qui ne rassasient personne et ne nourrissent pas son homme ?
