Importations en Algérie : la Banque d’Algérie verrouille les transferts financiers avec une nouvelle procédure obligatoire

Importations en Algérie : la Banque d’Algérie verrouille les transferts financiers avec une nouvelle procédure obligatoire

La Banque d’Algérie durcit considérablement le contrôle des opérations d’importation à travers une nouvelle instruction imposant une règle désormais incontournable : aucune marchandise ne pourra être expédiée par un fournisseur étranger sans domiciliation bancaire préalable. Cette mesure, introduite par l’instruction n°01/2026 datée du 14 mai 2026, marque un nouveau tournant dans la surveillance des flux commerciaux et financiers du pays.

Selon ce texte émis par la Direction générale des changes, toutes les opérations d’importation devront obligatoirement passer par une procédure stricte de prélocalisation bancaire avant toute expédition des marchandises. Les banques intermédiaires agréées auront désormais la responsabilité de vérifier minutieusement que la date figurant sur les documents de transport est postérieure à celle de la domiciliation bancaire.

Autrement dit, toute marchandise expédiée avant l’ouverture officielle du dossier bancaire sera automatiquement considérée comme non conforme, sauf exceptions expressément prévues par la réglementation. Cette disposition ferme ainsi la porte aux importations réalisées en dehors des circuits de contrôle habituels.

À travers cette réforme, les autorités monétaires algériennes affichent plusieurs objectifs stratégiques : renforcer la lutte contre les fraudes commerciales, empêcher les transferts illicites de capitaux vers l’étranger, améliorer le suivi des engagements financiers liés aux importations et affiner les statistiques du commerce extérieur. La Banque d’Algérie entend également renforcer le contrôle prudentiel des transactions dans un contexte économique marqué par une vigilance accrue sur les réserves en devises.

La directive insiste aussi sur le rôle central des banques, désormais appelées à renforcer leurs mécanismes de vérification documentaire. Les établissements concernés devront examiner avec une attention particulière les factures commerciales, les connaissements maritimes, les lettres de transport aérien, les documents CMR ainsi que toute pièce permettant de confirmer la date réelle d’expédition des marchandises.

Les opérateurs économiques sont également avertis : toute infraction à ces nouvelles règles pourra être considérée comme une violation de la législation des changes et exposer les contrevenants à des sanctions réglementaires. Les banques devront par ailleurs informer leurs clients de ces nouvelles obligations afin d’éviter tout blocage administratif ou financier lors des opérations d’importation.

Toutefois, les marchandises déjà expédiées vers le territoire douanier national avant la publication de cette instruction ne seront pas concernées par ces nouvelles restrictions. Dans ce cas précis, la date mentionnée sur le document de transport fera foi.

Avec cette décision, la Banque d’Algérie renforce nettement son emprise sur les opérations du commerce extérieur, dans une volonté claire de mieux contrôler les sorties de devises et de réduire les pratiques jugées opaques dans le circuit des importations.

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