Premier voyage à Londres : La reine maorie reçue par Charles III à Buckinghamla
La souveraine maorie Ngā Wai Hono i te Pō Paki a vécu un moment historique cette semaine à Londres. Pour son premier déplacement officiel au Royaume-Uni depuis son accession au trône maori, elle a été reçue par le roi Charles III au Buckingham Palace, à l’occasion d’une garden-party organisée pour les 50 ans du King’s Trust.
Âgée de 29 ans, Ngā Wai Hono i te Pō Paki poursuit ainsi sa première grande tournée internationale depuis son couronnement en septembre 2024, après le décès de son père, le roi Tuheitia Paki. Cette rencontre avec Charles III revêt une forte portée symbolique, puisque le souverain britannique est également le chef d’État de la Nouvelle-Zélande.
Avant cette réception royale, la reine maorie avait assisté au spectacle anniversaire du King’s Trust au Royal Albert Hall, puis rencontré le prince William au Château de Windsor. Sa présence dans ces événements prestigieux a suscité un vif intérêt médiatique, tant au Royaume-Uni qu’en Nouvelle-Zélande, où son image incarne une nouvelle génération de leadership autochtone.
La visite de Ngā Wai Hono i te Pō Paki représente également une étape importante pour le Kīngitanga, le mouvement monarchique maori fondé au XIXe siècle afin d’unifier plusieurs tribus maories face aux bouleversements coloniaux. Bien qu’il ne possède aucun rôle constitutionnel officiel dans l’État néo-zélandais, le Kīngitanga demeure une institution influente sur le plan culturel, social et identitaire pour une partie importante des Māori.
Le protocole entourant cette rencontre a pris une résonance particulière. Charles III n’est pas uniquement roi du Royaume-Uni : il règne aussi en tant que roi de Nouvelle-Zélande, titre distinct au sein des royaumes du Commonwealth. À travers cette audience accordée à la souveraine maorie, Buckingham réaffirme ainsi les liens historiques entre la Couronne britannique et les peuples autochtones du Pacifique.
Ngā Wai Hono i te Pō Paki est devenue reine des Maoris dans des circonstances particulièrement émouvantes. Le 5 septembre 2024, quelques jours après la mort de son père, elle avait été désignée par les chefs traditionnels maoris lors d’une cérémonie organisée à Ngāruawāhia, centre spirituel et politique du Kīngitanga. Couronnée avec une couronne de fougère, symbole ancestral maori, elle porte désormais le titre de Te Arikinui, qui signifie « chef suprême ».
La jeune souveraine se distingue aussi par son engagement culturel affirmé. Diplômée d’un master en études culturelles maories de l’Université de Waikato, elle porte un moko kauae, tatouage traditionnel féminin maori au menton, réalisé en hommage à son père. Elle est également la première reine maorie de confession catholique, illustrant la diversité spirituelle présente au sein des communautés maories contemporaines.
Avant son arrivée à Londres, la reine avait effectué une visite remarquée au Canada, où elle avait pris la parole lors d’un rassemblement réunissant des représentants des Premières Nations à Toronto. À travers ces déplacements internationaux, le Kīngitanga cherche à renforcer ses relations avec d’autres peuples autochtones et à accroître sa visibilité diplomatique sur la scène mondiale.
Dans un contexte où les débats autour de l’avenir de la monarchie britannique restent sensibles dans plusieurs pays du Commonwealth, cette rencontre entre Charles III et la souveraine maorie possède une portée qui dépasse le simple cérémonial. Elle illustre la manière dont traditions autochtones, héritages coloniaux et diplomatie moderne continuent de coexister au sein de l’espace monarchique contemporain.
Pour Ngā Wai Hono i te Pō Paki, ce premier voyage à Londres apparaît ainsi comme une affirmation de son rôle grandissant sur la scène internationale. Entre modernité et héritage ancestral, la jeune reine maorie s’impose progressivement comme l’une des figures autochtones les plus observées du Commonwealth.Premier voyage à Londres : la reine maorie rencontrée par Charles III à Buckingham
