Les coulisses des relations d’El Mouradia avec Madrid et Paris

Les coulisses des relations d’El Mouradia avec Madrid et Paris

Dans le monde de la politique, on dit que les relations internationales se construisent sur les intérêts. Pourtant, dans le dictionnaire du palais d’El Mouradia, il semble qu’elles oscillent au gré de l’humeur du président Tebboune et du principe consistant à s’indigner le matin, pour ensuite se réconcilier, baiser la main le soir, accorder du gaz gratuitement et offrir des concessions. Après des chapitres de fanfaronnades médiatiques et de communiqués incendiaires promettant le pire à Madrid et à Paris en raison du dossier du Sahara occidental, nous découvrons soudainement que le taureau espagnol et le coq français ne sont pas de simples adversaires, mais bien les médecins de famille et les gardiens des comptes bancaires où le soleil des généraux ne se couche jamais.
L’histoire a commencé par une formule retentissante : « Nous ne pardonnerons pas sa trahison à l’Espagne ! » Les relations ont été rompues, l’ambassadeur rappelé et les échanges commerciaux suspendus… C’est du moins ce que l’on croyait. En réalité, les négociations se tramaient sous le feu du gaz et des concessions économiques à prix symbolique. L’ambassadeur espagnol est ainsi retourné à Alger, non pas parce que Madrid est revenue sur son soutien à la marocanité du Sahara, mais parce que le pouvoir a réalisé que les résidences à Marbella et les avoirs bancaires à Madrid importaient bien plus que les slogans nationalistes. Le troc s’est avéré stupéfiant : l’Espagne obtient notre gaz à un tarif dérisoire ainsi que d’innombrables avantages économiques. En contrepartie, les dirigeants obtiennent des visas pour des soins médicaux, des garanties de protection pour les biens immobiliers des généraux et l’extradition d’opposants jugés dérangeants qui s’exprimaient sur YouTube et les réseaux sociaux.
Concernant Paris, la pièce de théâtre est encore plus spectaculaire. Les déclarations et les postures de Abdelmadjid Tebboune menaçaient de rompre les liens économiques parce qu’Emmanuel Macron avait emboîté le pas à Pedro Sánchez. Pourtant, à peine quelques semaines plus tard, l’ambassadeur de France retournait à Alger, honoré et respecté, sans que Paris ne revienne sur un seul mot de sa reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur son Sahara. Pourquoi une telle concession ? La réponse ne réside pas dans l’intérêt du peuple, mais dans l’agenda personnel des familles des dirigeants. C’est dans les cliniques françaises que les hauts gradés passent leurs périodes de convalescence, tandis que les écoles prestigieuses accueillent leurs enfants, loin des programmes éducatifs obsolètes imposés aux citoyens.
De même, les appartements de luxe à Paris valent bien le sacrifice de la prétendue fierté nationale. Alors que le peuple est abreuvé de discours sur la souveraineté et les complots extérieurs, les accords se signent sous la table. La réalité est que le pouvoir sait que sa pérennité dépend du consentement des puissances européennes, et que toute cette agitation n’est que de la poudre aux yeux. Les dynamiques récentes prouvent que la marocanité du Sahara est devenue une réalité internationale reconnue par les grands décideurs, tandis que les dirigeants se contentent d’une agitation tactique qui s’achève toujours par une séance de réconciliation, financée par un gaz bon marché.

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