Les robinets de l’or noir se rouvrent » ” : Trump promis à la fin du blocage d’Ormuz , les cours plongent »

Les robinets de l’or noir se rouvrent » ” : Trump promis à la fin du blocage d’Ormuz , les cours plongent »

Les contrats à terme sur le pétrole WTI, ont chuté de plus de 4% lundi, s’établissant autour de 79,50 dollars le baril lors des échanges européens. Le Brent de la mer du Nord a cédé près de 4,4% à environ 83,45 dollars pour livraison en août. Les marchés ont réagi vivement à l’annonce faite dimanche par le président américain sur sa plateforme Truth Social : « J’autorise par la présente pleinement l’ouverture du détroit d’Ormuz au passage sans péage » et la levée « immédiate » du blocus naval américain, a‑t‑il écrit, précisant que l’ouverture interviendrait « dès la signature » d’un protocole d’accord avec l’Iran, prévue le 19 juin en Suisse, suivi d’opérations de déminage.

La perspective d’un retour du trafic dans ce passage maritime stratégique — par lequel transite près de 20% de l’approvisionnement énergétique mondial — a également dopé les bourses asiatiques, le Nikkei et le Kospi enregistrant des hausses marquées. Les investisseurs ont salué l’espoir d’un rétablissement progressif des flux pétroliers et d’un apaisement géopolitique dans la région.

Pourtant, l’enthousiasme reste tempéré par plusieurs incertitudes. Téhéran a livré un récit différent : selon l’agence Mehr et d’autres sources iraniennes, la réouverture se ferait « selon des accords iraniens » et pourrait intervenir dans un délai pouvant aller jusqu’à 30 jours, avec une régulation conjointe du trafic par l’Iran et Oman. L’Iran cherche visiblement à conserver une prérogative sur le détroit, ce qui limite la portée immédiate des déclarations américaines.

Avant même cette annonce, l’Agence américaine de l’énergie (EIA) estimait qu’il faudrait « probablement plusieurs mois » pour retrouver les niveaux de trafic antérieurs au conflit. L’EIA soulignait aussi que les réparations des infrastructures énergétiques endommagées — pipelines, terminaux, plateformes — conditionneraient la capacité des producteurs à relancer rapidement l’offre. Dans son scénario, l’agence anticipait des prix durablement supérieurs à ceux d’avant la guerre, avec une moyenne à 79 dollars le baril en 2027.

Sur le terrain, la remise en route du transit ne sera pas immédiate : plusieurs centaines de navires demeurent coincés dans le détroit et d’autres attendent aux approches; les opérations de déminage exigent des garanties de sécurité et du temps. De plus, la levée effective d’un blocus naval suppose des accords opérationnels et juridiques précis entre les parties, encore absents à ce stade.

Les capitales alliées ont réagi prudemment mais positivement. Emmanuel Macron, qui accueille Donald Trump à Évian pour le sommet du G7, a indiqué que la mission maritime internationale conduite par la France et le Royaume‑Uni était « prête à accompagner » une réouverture « urgente et inconditionnelle » du détroit. À l’ONU, le secrétaire général António Guterres a salué l’accord comme une « étape cruciale » vers un règlement pacifique du conflit.

Les analystes restent toutefois sceptiques quant à la durabilité d’une baisse prolongée des prix. Plusieurs observateurs estiment que le marché a d’abord réagi à l’espoir politique avant d’intégrer les limites opérationnelles de l’accord et l’ampleur des dégâts sur les infrastructures. Une note citée dans la presse souligne que même après une « bonne nouvelle », les prix pourraient remonter si les termes finaux de l’accord se révèlent insuffisants ou si des tensions persistent.

Sur le plan technique, l’analyse de marché montre des signaux baissiers à court terme — le WTI évoluant en dessous de sa moyenne mobile à 20 jours et un indice de force relative (RSI) proche de zones indiquant une pression vendeuse — mais les supports cités par les traders restent supérieurs aux niveaux d’avant‑guerre, traduisant une prime de risque géopolitique intégrée dans les cours.

En résumé, l’annonce par Washington d’un protocole d’accord avec Téhéran et la promesse d’une réouverture du détroit d’Ormuz ont calmé les marchés à court terme. Cependant, l’absence de précisions opérationnelles, la position iranienne et l’importance des réparations à conduire rendent incertaine une reprise rapide et complète des flux pétroliers. Les acteurs du marché attendent désormais la signature du 19 juin dont dépend en grande partie l’avenir immédiat du marché mondial de l’énergie.

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