Pétrole : les cours progressent sur fond de nouvelles tensions dans le détroit d’Ormuz

Pétrole : les cours progressent sur fond de nouvelles tensions dans le détroit d’Ormuz

Les cours du pétrole évoluent en hausse ce mardi, soutenus par le regain de tensions dans le détroit d’Ormuz après qu’un pétrolier a été touché par un projectile non identifié au large des côtes d’Oman. Cet incident ravive les inquiétudes concernant la sécurité de l’une des principales voies de transit du pétrole mondial, même si les marchés restent également influencés par des perspectives d’offre abondante.

Vers 09h00 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, gagnait 1,44 % à 73,03 dollars le baril pour livraison en septembre. De son côté, le West Texas Intermediate (WTI) américain progressait de 1,34 % à 69,47 dollars le baril pour les contrats d’août.

Selon le Centre britannique des opérations commerciales maritimes (UKMTO), le navire a signalé avoir été frappé par un projectile non identifié, provoquant un incendie à bord. L’agence précise qu’aucun membre d’équipage n’a été blessé et qu’aucun dommage environnemental n’a été constaté.

Pour Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote, cet incident pourrait annoncer une nouvelle escalade des tensions au Moyen-Orient, susceptible d’exercer une pression haussière sur les prix de l’énergie. Elle estime toutefois que le marché pétrolier reste avant tout dominé par des facteurs fondamentaux liés à l’offre.

L’analyste souligne que la mise sur le marché de réserves stratégiques de pétrole, conjuguée à une demande chinoise toujours modérée depuis le début du conflit avec l’Iran, a créé une situation de surabondance de l’offre sur plusieurs marchés clés. Elle relève également que de nombreux pétroliers, restés bloqués durant plusieurs mois dans le détroit d’Ormuz, cherchent désormais des acheteurs après la reprise progressive du trafic maritime.

Même si la hausse des prix demeure limitée, elle traduit un regain de nervosité des investisseurs. Pour Kathleen Brooks, analyste chez XTB, il ne s’agit pas d’une flambée des cours, mais cet épisode rappelle que la menace de nouvelles attaques dans la région reste bien réelle et continue d’alimenter une prime de risque sur le marché.

La tension est montée d’un cran après les informations publiées lundi soir par le média américain Axios, selon lesquelles l’Iran aurait lancé au moins deux missiles contre des navires commerciaux, citant deux responsables américains. L’un d’eux affirme qu’un second navire aurait été sérieusement endommagé, une information qui n’a toutefois pas pu être confirmée de manière indépendante.

Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz demeure particulièrement sensible depuis le conflit qui a éclaté au printemps. Le passage avait été fermé par l’Iran à partir du 1er mars, en représailles à des frappes américaines et israéliennes, tandis que Washington avait imposé un blocus des ports iraniens. La circulation des navires a repris après la signature, le 17 juin, d’un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran visant à apaiser les tensions.

Malgré cette reprise, Téhéran continue d’affirmer qu’il n’y aura pas de retour aux conditions qui prévalaient avant la guerre, laissant planer des incertitudes sur la sécurité et la fluidité du transit dans cette route maritime stratégique, par laquelle transite une part essentielle des exportations mondiales de pétrole.

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