Les prix du pétrole bondissent de plus de 2 % sous l’effet des menaces de Trump d’imposer une « guerre économique » à l’Iran

Les prix du pétrole bondissent de plus de 2 % sous l’effet des menaces de Trump d’imposer une « guerre économique » à l’Iran

Le prix du pétrole brut Brent a dépassé 94 dollars le baril, jeudi 20 août, porté par les menaces de Donald Trump d’imposer une « guerre économique » sans précédent à l’Iran et de sanctionner les pays continuant à commercer avec Téhéran.

En séance, le Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre a atteint un pic à 94,59 dollars, avant de clôturer à 93,78 dollars. Le WTI, référence américaine, a suivi la même trajectoire, terminant à 87,83 dollars, soit une hausse de 2,33%. Les deux références ont ainsi atteint leur plus haut niveau depuis le 24 juillet, signe d’une nervosité croissante des opérateurs.reuters+1

En séance, le Brent pour livraison en octobre a atteint un sommet de 94,59 dollars le baril, avant de terminer la journée à 93,78 dollars. Le West Texas Intermediate (WTI), principale référence américaine, a également accéléré, clôturant à 87,83 dollars, en hausse de 2,33 %. Les deux références ont ainsi atteint leur niveau le plus élevé depuis le 24 juillet, traduisant la nervosité croissante des investisseurs face au risque de perturbations de l’approvisionnement mondial.

Cette nouvelle poussée intervient alors que Washington cherche à accentuer considérablement la pression économique exercée sur Téhéran. L’administration Trump envisage de renforcer les mesures visant les revenus pétroliers iraniens, mais également de cibler les réseaux maritimes, les compagnies impliquées dans le transport du brut iranien et les partenaires commerciaux qui continueraient à entretenir des relations économiques avec l’Iran.

Pour les autorités américaines, l’objectif est de réduire la capacité de Téhéran à financer son économie et de limiter davantage ses possibilités d’exporter son pétrole. Cette stratégie, présentée par Washington comme une forme de « D-Day économique », pourrait avoir des conséquences bien au-delà des relations américano-iraniennes, notamment sur le marché mondial de l’énergie.

La perspective de nouvelles sanctions alimente en effet les craintes des opérateurs concernant l’offre disponible sur le marché. L’Iran demeure un important producteur et exportateur de pétrole, tandis que la possibilité d’un durcissement des restrictions sur ses exportations fait craindre une réduction de l’offre mondiale.

La réaction iranienne ne s’est pas fait attendre. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dénoncé les nouvelles menaces américaines, estimant qu’elles visaient notamment à détourner l’attention des difficultés économiques auxquelles Washington serait confronté. Téhéran reste déterminé à défendre ses intérêts économiques et stratégiques face à la pression américaine.

Mais au-delà des sanctions et de la confrontation diplomatique, c’est surtout la situation dans le golfe Persique et l’avenir du détroit d’Ormuz qui inquiètent les marchés. Ce passage maritime stratégique constitue l’une des principales voies d’acheminement du pétrole et du gaz produits dans la région vers les marchés internationaux.

Toute perturbation prolongée du trafic maritime dans cette zone pourrait provoquer un choc important sur les prix de l’énergie. Les investisseurs surveillent donc attentivement tout signe d’escalade susceptible de compromettre la circulation des navires pétroliers ou de ralentir les exportations des principaux producteurs du Golfe.

L’analyste Arne Lohmann Rasmussen estime ainsi que l’accumulation des sanctions, les restrictions visant les navires iraniens et la pression croissante exercée sur Téhéran pourraient rendre une réouverture rapide du détroit d’Ormuz de moins en moins probable. Cette perspective renforce les inquiétudes concernant la stabilité des approvisionnements mondiaux.

La Chine se retrouve également au centre de cette nouvelle confrontation. Premier acheteur du pétrole iranien, Pékin pourrait être directement concerné par les nouvelles mesures américaines visant les pays et entreprises qui continuent de commercer avec Téhéran. Un durcissement des sanctions pourrait ainsi compliquer les flux commerciaux entre les deux pays et accroître les tensions entre Washington et Pékin.

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