Tzachi Braverman, proche de Netanyahu, arrêté dans le scandale des fuites classifiées sur le Hamas

Tzachi Braverman, proche de Netanyahu, arrêté dans le scandale des fuites classifiées sur le Hamas

Jérusalem, 11 janvier 2026 – Un nouveau coup dur pour l’entourage du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Tzachi Braverman, son chef de cabinet (ou secrétaire de cabinet) et proche collaborateur de longue date, a été placé en garde à vue ce dimanche matin par la police israélienne. Il est interrogé par l’unité Lahav 433, spécialisée dans les crimes graves et la corruption, sur des soupçons d’entrave à la justice et d’abus de confiance.

Tout part d’une fuite survenue en septembre 2024 : un document classifié de l’armée israélienne (IDF), présenté comme provenant de l’ordinateur de Yahya Sinwar (chef du Hamas, tué depuis), a été transmis au tabloïd allemand Bild. Le texte suggérait que le Hamas refusait tout cessez-le-feu ou accord sur les otages enlevés le 7 octobre 2023.

Cette publication, en violation de la censure militaire israélienne, a servi à renforcer la ligne du gouvernement Netanyahu : seule la pression militaire (et non les négociations) permettrait de récupérer les otages. L’opposition et des observateurs y ont vu une tentative de manipulation de l’opinion publique pour justifier la poursuite de la guerre à Gaza et contrer les manifestations en faveur d’un accord.

L’affaire a rebondi avec les déclarations d’Eli Feldstein, ancien porte-parole de Netanyahu, inculpé et détenu plusieurs semaines pour la fuite elle-même. Dans une interview explosive à la chaîne publique Kan début janvier 2026, Feldstein a accusé Braverman d’avoir tenté d’étouffer l’enquête :

Braverman aurait contacté Feldstein peu après la publication, l’informant d’une enquête secrète de la sécurité de l’IDF.
Une rencontre nocturne aurait eu lieu dans un parking du quartier général militaire (la Kirya à Tel-Aviv), avec des mesures de discrétion (téléphones laissés derrière, zone sans caméras).Braverman aurait proposé de « fermer » ou « étouffer » l’enquête.

La police a perquisitionné le domicile de Braverman ce matin avant son interrogatoire. Feldstein doit aussi être réentendu dans la journée, avec une possible confrontation entre les deux hommes.
Braverman était sur le point d’être nommé ambassadeur d’Israël au Royaume-Uni (nomination déjà approuvée par le cabinet). L’opposition réagit vivement :Yair Lapid (leader de l’opposition) a exigé sur X la suspension immédiate de cette nomination : « Il est inacceptable qu’un homme soupçonné d’entrave à une grave enquête de sécurité représente Israël dans l’un des pays les plus importants d’Europe. »
Le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar a défendu Braverman, arguant que « la simple existence d’une enquête ne justifie pas de le suspendre ».

Cette affaire s’entremêle avec le scandale Qatargate (soupçons de recrutement par le Qatar de collaborateurs de Netanyahu, dont Feldstein, pour promouvoir l’image du Qatar malgré ses liens avec le Hamas).

Braverman nie fermement les accusations via des déclarations de son entourage et du bureau du Premier ministre. Il n’a pas encore été formellement inculpé (interrogatoire « sous caution »), mais l’enquête se poursuit et pourrait fragiliser davantage Netanyahu, déjà englué dans de multiples scandales.

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