Iran : menace de riposte contre les États-Unis et Israël, répression sanglante sous blackout total

Iran : menace de riposte contre les États-Unis et Israël, répression sanglante sous blackout total

Dimanche 11 janvier 2026 L’Iran a lancé un avertissement ferme: en cas d’attaque américaine, les bases militaires et navales des États-Unis, ainsi que les sites israéliens dans la région, deviendront des cibles légitimes. Cette mise en garde, formulée par le président du Parlement iranien Mohammad Baqer Qalibaf, intervient alors que le pays est secoué par des manifestations antigouvernementales d’une ampleur inédite, déclenchées fin décembre par un effondrement économique brutal, marqué par une inflation galopante, la chute du rial et de graves pénuries d’énergie. Malgré une répression d’une violence extrême, la contestation est entrée dans sa troisième semaine, défiant un pouvoir qui durcit chaque jour davantage le ton.

Dans un discours prononcé le 9 janvier, le guide suprême Ali Khamenei a qualifié les manifestants de « vandales » et de « saboteurs », les accusant de chercher à « plaire » au président américain Donald Trump. « Une bande de vandales est venue détruire les biens du pays pour faire plaisir au président des États-Unis », a-t-il déclaré, affirmant que les autorités ne reculeraient pas face à ces « saboteurs ». Il a également accusé Donald Trump d’avoir les mains « tachées du sang des Iraniens », en référence aux frappes américaines de juin 2025. Dans le même temps, le procureur général iranien a franchi un nouveau seuil en annonçant que tout manifestant serait désormais considéré comme un “ennemi de Dieu”, un crime passible de la peine de mort.

La répression a déjà fait un bilan humain dramatique. Selon HRANA, l’agence américaine de défense des droits humains, plus de 538 morts ont été confirmés, dont environ 490 manifestants et 48 membres des forces de sécurité, tandis que plus de 10 600 personnes ont été arrêtées en l’espace de deux semaines. De son côté, Iran Human Rights, basée en Norvège, fait état d’au moins 192 morts, tout en estimant que le bilan réel est bien plus élevé. Des hôpitaux sont submergés par des blessés par balles, souvent atteints à la tête ou au torse, tandis que des vidéos diffusées clandestinement montrent des rangées de sacs mortuaires dans les morgues de Téhéran.

Afin d’étouffer la contestation et d’empêcher toute diffusion d’informations, les autorités ont imposé depuis les 8 et 9 janvier une coupure internet nationale quasi totale, la plus sévère depuis 2019. Le blackout affecte même les connexions satellitaires Starlink, avec une perte estimée entre 30 et 80 % des paquets de données selon les zones, illustrant la volonté du régime de couper l’Iran du reste du monde pour dissimuler l’ampleur de la répression.

À Washington, Donald Trump affirme suivre la situation de très près. « Nous sommes locked and loaded et prêts à intervenir si les manifestants pacifiques sont massacrés », a-t-il déclaré, évoquant des options militaires, cybernétiques ou le rétablissement de l’accès à internet en Iran avec l’aide d’Elon Musk. S’exprimant à bord d’Air Force One, le 11 janvier, le président américain a confirmé que l’armée américaine étudiait des « options très sérieuses », ajoutant : « Nous prendrons une décision ». Il a également affirmé que des dirigeants iraniens l’avaient contacté pour négocier, et qu’une réunion était en cours d’organisation, tout en précisant que les États-Unis pourraient agir avant même la tenue de ces discussions.

Cette montée des tensions s’est accompagnée d’un incident sur le sol américain. Le dimanche 11 janvier à Los Angeles, un camion U-Haul a foncé dans une foule de manifestants pro-« Iran libre » rassemblés à Westwood. Le conducteur a été interpellé, et deux à trois personnes ont été légèrement blessées avant que la foule n’encercle le véhicule et n’en brise les vitres. Le FBI a ouvert une enquête afin de déterminer s’il s’agit d’un acte intentionnel.

Pendant ce temps, en Iran, les manifestations nocturnes persistent malgré l’isolement numérique, tandis que Reza Pahlavi appelle les Iraniens à tenir bon. Entre une contestation populaire enracinée, une répression sanglante assumée, des menaces militaires croisées et une possible implication directe des États-Unis, la situation demeure hautement explosive, faisant planer le risque d’une escalade régionale aux conséquences imprévisibles.

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