La Suède muscle sa défense aérienne : 1,4 milliard d’euros pour protéger civils et infrastructures

La Suède muscle sa défense aérienne : 1,4 milliard d’euros pour protéger civils et infrastructures

La Suède a annoncé un investissement majeur de 15 milliards de couronnes suédoises (environ 1,4 milliard d’euros) destiné au renforcement de sa défense aérienne terrestre, marquant une étape stratégique dans l’adaptation de sa doctrine de sécurité face à un environnement international de plus en plus instable. Cette décision, officialisée dimanche par le gouvernement, s’inspire directement des enseignements tirés de la guerre en Ukraine.

« Avec cet investissement d’ampleur dans la défense aérienne, nous protégeons l’ensemble de la société, de nos unités militaires aux zones urbaines et aux infrastructures critiques », a déclaré le Premier ministre Ulf Kristersson, lors de la conférence annuelle sur la sécurité organisée à Sälen.

Jusqu’à présent, la défense aérienne suédoise était principalement orientée vers la protection des bases et installations militaires. Les nouveaux crédits permettront désormais d’élargir le périmètre de protection aux centres de population, aux unités de combat, ainsi qu’aux infrastructures civiles stratégiques : ponts, carrefours ferroviaires, centrales nucléaires et hydroélectriques, sans oublier les zones densément peuplées.

Le ministre de la Défense Pål Jonson a précisé que Stockholm prévoit l’acquisition de systèmes de défense aérienne à courte portée, capables de neutraliser avions, missiles de croisière et drones, un type de menace devenu central dans les conflits contemporains. « L’expérience de la guerre en Ukraine démontre clairement l’importance d’une défense aérienne robuste, multicouche et adaptée aux menaces modernes », a-t-il souligné.

Cet effort financier s’inscrit dans une trajectoire déjà engagée. En novembre dernier, la Suède avait consacré environ 315 millions d’euros à l’achat de missiles sol-air et de véhicules spécialisés pour leur déploiement. Au total, près de 40 milliards de couronnes ont été investis ces dernières années dans différents systèmes, notamment Patriot, IRIS-T et des capacités anti-drones. Les premières commandes industrielles liées au nouveau plan sont attendues dès le premier trimestre 2026.

Au-delà du volet militaire, cette annonce s’inscrit dans un contexte diplomatique tendu. Lors de la même conférence, Ulf Kristersson a vivement critiqué la rhétorique menaçante de l’administration américaine de Donald Trump à l’égard du Danemark et du Groenland. Rappelant que le Danemark est un « allié fidèle » des États-Unis, notamment en Irak et en Afghanistan, le Premier ministre suédois a estimé que Washington devrait « remercier Copenhague plutôt que le menacer ».

Kristersson a également mis en garde contre toute tentative d’annexion du Groenland, qu’il a qualifiée de violation grave du droit international susceptible d’ouvrir une « voie dangereuse ». Le Groenland, territoire autonome danois au cœur de l’Arctique, possède une importance stratégique croissante, tant pour ses ressources minières que pour sa position géographique face aux ambitions chinoises et russes.

Ces annonces illustrent la volonté de Stockholm de renforcer sa résilience nationale, tout en affirmant son attachement à la solidarité nordique, au droit international et à une lecture lucide des nouveaux équilibres sécuritaires. Pour la Suède, la situation actuelle constitue « le contexte sécuritaire le plus grave depuis des décennies », exigeant des réponses à la hauteur des menaces émergentes.

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